Louismaxwhite

L’invisible louismaxwhite j’ai 33 ans, je vis à Paris et je suis chômeur auto-entrepreneur, le rêve.

Parle nous brièvement de ton parcours ? De quand date ta rencontre avec la photo ?
Ma rencontre avec la photo s’est faite dès mon plus jeune âge, mes parents étaient friands des photos de famille. J’ai eu mon premier appareil photo à mes 8 ans pour un anniversaire c’était un canon argentique avec le logo footix de la coupe du monde 98.

J’ai commencé par shooter mes proches, mes sessions skate ensuite.
Petite histoire pour te la faire courte, un pote « clepto » a volé en soirée un bridge numérique, ne sachant quoi en faire, il me l’a donné. J’ai ensuite acheté un reflex et me suis inscrit au cours du soir des Beaux-Arts de Nantes.

Ça m’a permis d’approfondir mes connaissances, confronter mes photos aux regards d’experts et de découvrir les acteurs majeurs de cette discipline. J’ai multiplié les prétextes (soirée de potes DJ, mode, lifestyle, sérigraphie) afin de trouver ce qui me tenait à cœur.

Aujourd’hui la photo pour toi est un loisir ou une source de revenus ?
La photo aujourd’hui pour moi est un choix de vie qui fait peur à mes proches car je suis proche de la faillite. Toutes mes décisions sont en relation avec les possibilités photo qui en découlent : voyage, taff, contact…

La photo de rue est devenue une de tes spécialités. Quel est ton matos pour shooter ces « instants volés » ?
Actuellement je shoote avec un Leica M9 un investissement et un choix, mais c’est le seul de la gamme à avoir un problème de capteur « F*** Leica »… Je shoote également avec un 50mm que je réserve pour le noir & blanc street photo et portrait. Et un Ricoh GR II pour la couleur.

Si tu ne devais garder qu’un seul objectif, lequel et pourquoi ?
Si je devais garder un objectif, ça serait un 35mm qui est pour moi le plus efficace pour la street, j’ai passé 5 ans avec un Fuji X100.

Dans la photo de rue, il faut se faire invisible pour capter le moment, comment procèdes-tu généralement ?
Pour shooter la rue je suis le plus souvent en skate ou en BMX, toujours en mouvement, je ne suis pas de ceux qui campent sur un spot. Si je me fais cramer, je fais le « gogole » et j’évite l’eye-contact. Il m’arrive de parler aussi avec les gens, je shoote à l’aveugle, j’erre comme un loup-garou dans les rues de ma ville. J’ai été coursier pendant 4 ans, c’était le meilleur stratagème pour être un invisible.

Quelles sont, selon toi, les 3 choses à éviter en photo de rue ?
Ce qu’il faut éviter en street photo c’est de faire comme les autres, développer son propre style « fuck les clones » et ça demande du temps et beaucoup de taff.

Ne pas avoir peur de se faire embrouiller. Ne pas regarder ce qui marche quitte à être en marge. Être légitime dans ce que tu fais histoire de ne pas faire des photos comme si tu étais à un safari, bien que la rue soit une jungle…

Un « fail » mémorable depuis tes débuts ?
Un entretien d’embauche chez Pin-up studio qui a viré au cauchemar. Instant malaisant.

On a l’image de ton univers mais il nous manque le son… As-tu une musique en particulier qui accompagne tes sorties ou le « vacarme » de la rue est ta bande-son ?
Je suis à moitié sourd du coup j’aime m’imprégner de l’univers sonore de la rue et c’est moins dangereux en vélo. Sinon ça écoute principalement du hip-hop.

Ton plus beau souvenir de sortie ?
J’en ai plusieurs mais je dirais que mon plus beau souvenir ça devait être une journée d’hiver sous la pluie quand j’étais coursier à vélo. Ce genre de jour où tu es trempé au bout de 15 minutes, qu’il pleut depuis une semaine.

Tu viens de commencer, tu sais que tu vas manger 80km minimum et que rien ne va… la déprime. Et d’un coup, la providence à un feu rouge. Tu shootes un truc qui changera ton état d’esprit pour le reste de ta journée.

Je te laisse conclure en nous parlant de la suite pour toi, tes envies, tes projets…
Je reviens tout juste du Japon où j’ai shooté comme un mort de faim accompagné de ma copine qui shoote aussi. C’était une super expérience, on s’est boosté mutuellement. J’aimerais réitérer l’expérience dans d’autres pays/villes comme Haïti, la Jamaïque ou encore Miami.

Reprendre l’argentique et développer mes propres négatifs pour la « street cred ».

Sinon je dirais travailler, travailler et encore travailler jusqu’à temps que ça soit mon heure et accessoirement faire de l’argent quand même car ça commence à être chaud.

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