Sébastien CHEBASSIER

Je m’appelle Sébastien, j’ai 30 ans et je suis basé du côté d’Hossegor dans les Landes. Je suis à la fois photographe et réalisateur pour des pubs et des clips musicaux.

Parle nous un peu de ton parcours et ta rencontre avec la photo.
C’est après un cursus scolaire dans l’audiovisuel (l’ESMI à Bordeaux pour ne pas la citer), des voyages dans différents pays et les différentes rencontres que j’ai pu y faire, que j’ai décidé de poser mes valises tout proche de l’océan afin d’y créer mon atelier.

J’utilise le mot « atelier » car c’est pour moi un espace de créations, d’expériences, de mélanges, de rencontres. Même si à l’heure actuelle tout passe par l’informatique, la création au début reste manuelle.

J’aime prendre le temps d’écrire, de créer des éléments que je vais venir utiliser par la suite dans mes photographies comme du tissu, des morceaux de verre, des pigments ou encore de la matière que je vais positionner sur mes images en post-production.

J’ai commencé ma « carrière » en tant que réalisateur/monteur pour la marque de surf Billabong. C’est avec eux, que j’ai effectué mes premières armes dans le métier.  Puis de contrat en contrat, de billet d’avion en billet d’avion, j’ai continué mon travail un peu partout autour du globe pour différents clients et différentes marques, perfectionnant ainsi mon expérience.

Je pense que la rencontre avec l’image, s’est faite lorsque j’avais 8 ans. Mon oncle avait un caméscope digital 8 et lors d’une soirée il m’a laissé filmer avec durant 5min. Pour lui ce n’était rien mais pour moi ce fut le graal. J’ai demandé alors si je pouvais avoir une caméra à mes parents, qui m’ont répondu non et à la place ils m’ont donné leur vieil appareil photo dont ils ne se servaient plus.

C’est donc avec un Zénith 11 que j’ai commencé la photographie (il faudrait que j’aille le faire réparer d’ailleurs). La photographie professionnelle n’est venue que bien des années plus tard. Au début je ne voulais pas qu’elle devienne quelque chose de pécuniaire, je voulais qu’elle reste une simple passion. Mais des personnes ont voulu m’acheter mes photos, puis ce fut des magazines et du coup comme mon travail de réalisateur, elle s’est imposée à moi et est devenue professionnelle.

Tu es aujourd’hui photographe pro. Quel a été l’élément déclencheur qui t’a fait prendre conscience que vivre de ta passion pouvait être possible ?
Je pense que l’élément déclencheur s’est fait en deux phases. La première fut celle de mes premiers contrats en tant que professionnel après l’obtention de mon diplôme. La deuxième, lorsque mon travail fut partagé, commenté par mes « paires » et de ce fait m’ont apporté une multitude de contrats dans différents secteurs.

Enfin, en tant que professionnel j’en ai également accepté les règles. En effet, il n’y a pas des contrats qui tombent tous les jours, il y a des phases de remise en question, de recherche mais cela fait partie du jeu et de la chance que j’ai d’ exercer ce métier-là.

Si tu devais décrire en 2 mots ton style, quels seraient-ils ?
C’est une question où j’ai toujours du mal à répondre pour la simple et bonne raison que j’aime mélanger les styles. J’aime piocher des idées, des manières de faire, dans différents univers pour les confronter dans d’autres.

Certains commentaires disent que j’ai un style plutôt sombre, d’autres plutôt féminin, certains, que j’aborde la photo comme un élément cinématographique ou pictural. Bref, peut être que mon style c’est un « melting pot » de styles ?

Avec quels matériels photo shootes-tu ?
Je shoote actuellement avec un 5D markIII, des focales fixes comme un 15mm, un 35mm, un 50mm puis des zooms comme le 24-70mm ou encore le 70-200mm.

Je continue toujours à faire des photos en argentique avec un Rolleiflex.J’aime tout d’abord l’objet mais surtout le rendu qu’il donne.  Puis j’ai tout un attirail de machineries et de lights pour pouvoir travailler ou saisir la lumière comme je le souhaite.

Enfin, je ne sors jamais sans le sac à dos « bijoute » où l’on peut retrouver une multitude de petits trucs qui à première vue ne servent à rien mais qui ont une importance pour moi.

Parmi tes objectifs, lequel t’es indispensable ? Pourquoi ?
Je pense que le 24-70mm est mon objectif de prédilection. En effet, il a une bonne ouverture et surtout il est polyvalent. Il est certes un peu encombrant mais c’est un très bon objectif de terrain.

Quel a été ton plus gros « fail » depuis tes débuts ?
Je dois avouer que j’ai connu pas mal de « fail » depuis le début. Je ne compte plus les centaines de kilomètres parcourus pour rien ou les heures passées dehors à cramer au soleil pour sortir des images ou encore des bagages qui n’arriveront jamais à l’aéroport alors que je pars shooter le lendemain sur un bateau au large du cercle polaire.

Toutes ces anecdotes que tu racontes autour d’un bon repas, font partie de l’aventure et c’est pour cela aussi que j’aime mon métier.

Dans ton travail, tu porte notamment un soin tout particulier à la lumière et à la narration, ceci implique un vrai travail de préparation avant un shooting. Comment procèdes-tu généralement ?
Ma manière de faire en photo est très liée à mon métier de réalisateur. J’aime prendre le temps (lorsque c’est possible) d’écrire une sorte d’histoire avant mes shoots photo, cela me permet de me cadrer, de me concentrer sur un axe de réflexion et de réfléchir de quelle façon je vais arriver au résultat que je souhaite.

A partir de là, je commence à faire des recherches sur le net mais également à faire des croquis de mes scènes à shooter. D’ailleurs des photographes comme Gregory Crewdson et Nicky Hamilton m’influencent beaucoup dans cette manière de faire. Tous deux prennent le temps de créer, de dessiner voir même de construire leur scène entièrement.

Lorsque toutes ces idées-là sont mises en place, la lumière vient alors compléter tout ce travail de pré-production. Suivant les idées que j’ai eues, je vais faire le listing du matériel dont j’ai besoin pour arriver à recréer l’ambiance que je souhaite.

La lumière va me permettre alors de raconter l’histoire de la scène que je viens de shooter. Avec elle, je vais soit rendre une photo intrigante, soit la rendre heureuse, soit épouser les formes d’un corps ou au contraire l’avaler. La profondeur du noir prend là toute son importance. Pour que la lumière soit mise en valeur il ne faut pas négliger le background de la scène, les deux sont indissociables.

Tu es plutôt lumière naturelle ou artificielle ?
Je vais dire que je suis un peu des deux. Dans les deux cas, je vais venir modifier, transformer cette lumière pour qu’elle serve au mieux mon idée.

Lorsque j’ai commencé mon métier j’avais peu de moyens, du coup, j’ai du apprendre à travailler cette lumière naturelle avec l’utilisation de réflecteur, diffuseur mais également des drapés voir des bouts de carton ou encore des bouts de verre.

J’ai gardé cette manière de faire lorsque je travaille en lumière artificielle. Ce que j’aime dans cette lumière c’est que l’on part d’une toile blanche à la manière d’un peintre et l’on vient mettre par la suite des pointes de lumière à des endroits précis pour donner vie à ce que l’on prend en photo.

Noir et Blanc ou couleur ?
Je travaille les deux, même si j’ai une préférence pour le noir et blanc.

Quelle place prend le post-traitement dans ton travail ? T’as des logiciels favoris ?
Le post-traitement prend une part importante de mon travail. En effet, je vais venir renforcer les pointes de lumière dans les scènes mais également augmenter la profondeur des noirs dans cette dernière.

Il y a également le travail sur la peau, les détails indésirables de la scène à faire disparaître pour une meilleure lecture de celle-ci. D’autant plus lorsque je fais des photos de spiritueux, cette retouche devient primordiale.

Comme logiciel rien de novateur, j’utilise le duo Lightroom et Photoshop.

As-tu des astuces particulières pour te servir au mieux de la lumière lors d’une séance ?
Lorsque je shoote en intérieur je commence toujours par créer l’ambiance lumineuse que je vais vouloir dans la scène. De ce fait, je travaille principalement en lumière continue.

Puis dans un second temps, je vais demander à la ou les modèles de venir se positionner dans la scène pour pouvoir travailler ma lumière sur le sujet. La majeure partie du temps je vérifie tout cela avec un écran retour afin de voir le résultat en temps réel avant de faire mes photos.

Pour finir, je viens utiliser des petits artifices pour servir la scène comme des petites barres de Led (très utiles avec leur variateur), des petits néons achetés dans des magasins de bricolage ou encore de la gélatine posée sur tel ou tel light.

En photo, niveau lumière on parle souvent du matin ou du soir, mais personnellement quel est ton moment préféré pour shooter ?
Je pense que c’est la lumière du soir. Habitant à côté de l’océan, cette lumière devient juste incroyable au moment du coucher du soleil que l’on soit dans l’eau ou sur la plage.

De plus lorsque ce dernier se couche, il y a une multitude de couleurs qui partent du bleu, jusqu’au jaune en passant par le violet et le rose qui se mettent en place. C’est d’ailleurs ce moment-là que je privilégie pour ma série « Ocean Painting ».

En plus d’être photographe, tu es également vidéaste. Qu’est ce que la vidéo t’apporte pour la photo ?
Je fais beaucoup de ponts entre la photo et la vidéo. Les deux sont pour moi complémentaires. La vidéo m’apporte une certaine forme d’écriture, de mise en scène dans mes photographies. Il y a également cette manière de diriger une personne qui est commune dans les deux entités. Parallèlement, elle m’apporte une logique afin d’éclairer les scènes et donner l’ambiance que je souhaite.

Cela je l’ai appris au court de différents courts-métrages comme assistant Chef Opérateur. C’est ce dernier qui m’a donné le goût et surtout l’importance d’une bonne lumière dans une scène qu’elle soit en photo ou en vidéo.

Maintenant si on donnait la parole à ton appareil, que nous raconterait-il sur toi ?
Je pense qu’il vous dirait qu’il a pas mal baroudé, qu’il a connu pas mal de situations, parfois drôles, parfois critiques, certaines chaudes et d’autres glaciales ou encore des moments très humides.

Ce qui est certain, c’est qu’il est un fidèle compagnon et qu’il me dirait de prendre un petit peu plus soin de lui lors de nos aventures.

Je te laisse conclure et nous parler de ton actualité et tes projets à venir.
D’un point de vue réalisation, je suis actuellement en plein montage du nouveau clip de Thibault Cauvin qui devrait sortir courant Juin. Nous avons réalisé les images en mai dernier entre les forêts et plages landaises ainsi que celles du pays basque Espagnol.

En parallèle je prépare le tournage d’une nouvelle pub TV qui devrait sortir sur les écrans début Juillet, donc de ce côté plutôt en finalisation d’écriture et de production.

En photographie, je suis en train de terminer les retouches de mon dernier shooting pour une agence de communication spécialisée dans le spiritueux (Konoisseur) et de les accompagner sur une nouvelle campagne. Je prépare également mon prochain shooting perso qui devrait également se dérouler en Juin sur Hossegor.

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