Rémy OGEZ

La trentaine approche pour moi, et je vis à Montréal depuis septembre 2015. Je suis monteur vidéo de profession, et la photo est vite venue prendre une place à côté.

profile-remy-ogez-photographerQuel a été ton parcours pour arriver au Rémy OGEZ d’aujourd’hui ?
Ce qui a été déterminant dans ma pratique de la photographie c’est l’école d’audiovisuel où j’ai fait mes études supérieures. En première année, le cours de technique photo plus particulièrement, et les sorties photos pratiques avec les copains au Cimetière du Père Lachaise les week-ends.

Le point de départ est là, après c’est beaucoup de curiosité, de plaisir, d’interrogation, etc. Mon boitier était avec moi partout, tout le temps, donc ça vient de l’adage, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ».

Et au fil du temps, entre photo et vidéo je n’ai jamais vraiment tranché, l’un prenant le pas sur l’autre et inversement. Et au final c’est assez complémentaire.

Rémy OGEZ | Série Chemins
Rémy OGEZ | Série Chemins

Comment qualifierais-tu ta « patte », ton style ? Des personnes t’ont influencé pendant ton parcours ?
C’est assez difficile de juger, mais je suis plutôt dans une veine naturaliste, pour rester au plus proche du réel, sans artifice, ni mise en scène. J’ai une grande sensibilité au documentaire de cinéma, ça a été mon sujet de mémoire d’étude, je suis donc très attaché aux questions qui touchent le rapport de l’image face au réel.

Sinon en termes de style, je touche un peu à tout. Photos de voyage, avec un attrait particulier pour le paysage ; photos de concerts qui a longtemps été mon activité principale ; et surtout des séries plus personnelles et donc documentaires. Il y a du noir et blanc, de la couleur, des choses très épurées, des choses très brutes. Je continue d’explorer, mais globalement je définis mon style comme réaliste et contemplatif. Tout simplement.

J’ai été influencé par des centaines de personnes, principalement des photographes-amis autour de moi, des personnes qui ont pu juger mon travail (séances de visionnage de portfolio très enrichissantes notamment).

Chez les grands, je suis en admiration pour le travail de Depardon, autant en documentaire-cinéma qu’en photographie. J’ai eu la chance de le rencontrer et je dois dire que je me retrouve dans son regard sur le monde.

Rémy OGEZ | Montréal, Québec
Rémy OGEZ | Montréal, Québec

Niveau matos, quels sont tes compagnons de shooting ?
Je suis accompagné du 5dMark II en boitier, lui-même accompagné de deux zooms : Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM et du Canon EF 24-70mm f/2.8L ; et d’un 85mm f/1.8.
Après plein de petits accessoires utiles, filtre polarisant, trépied, télécommande.

Je me suis mis il y a un an à l’argentique. D’abord pour le fun, j’ai donc acquis un Semflex standard dans une brocante photo. Un appareil sans prétention, mais ça me plait ; et je regarde actuellement pour prendre un boitier 35 mm plus sérieux pour en faire d’avantage.

Parmi tes objectifs, lequel est ton préféré ? Pourquoi ?
Si je dois choisir parmi mes objectifs ça sera le plus passe-partout : le Canon EF 24-70mm f/2.8L. Sinon j’ai utilisé par le passé une focale fixe à 35mm, et j’aime son rapport à la distance. D’ailleurs je suis souvent autour de 35 mm sur mon zoom sans vraiment le vouloir.

Rémy OGEZ | The Quiraing, Ecosse
Rémy OGEZ | The Quiraing, Ecosse

Des outils favoris pour le post-traitement ?
Pour le post-traitement, Camera Raw/Photoshop. Mais je suis pas du genre à m’éterniser en post-traitement.

A l’heure où tu réponds, quelle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
J’ai passé quelques jours en France récemment, des instants familles, donc la dernière photo est un portrait de mon neveu de presque 7 mois. Et il est vraiment trop mignon !

Si je me permets de remonter quelques photos en amont, j’ai profité de ce séjour dans mon Nord natal pour continuer une série qui me tient pas mal à cœur intitulée « Chapelles ». Il s’agit de paysages de ce bout de campagne française qui m’a vu grandir avec comme motif récurrent, et surtout révélateur, ces petits édifices religieux. Ça parle de mon territoire, de ce que j’ai vu en grandissant, et qui d’une manière ou d’une autre a influencé mon regard.

Rémy OGEZ | Série Chapelles
Rémy OGEZ | Série Chapelles

Quel a été le plus gros « fail » de tes années photo ?
Je n’ai pas de souvenir de gros fail, du genre oubli de carte ou de batterie. Je suis assez organisé de ce côté-là, donc ça va.

Quelques fails météo parfois, le genre de ceux où quand tu finis justement une randonnée, le ciel commence à devenir intéressant alors que tout le long de la marche tu t’es battu avec une lumière exécrable.

En photo de concert, il y en a des tonnes. Genre le guitariste saute sur scène mais tu le vois trop tard et sur ta photo il est déjà retombé, ça ou plein d’autres situations où tu manques un moment clef, une image forte. Mais ça fait partie du jeu, alors c’est peut-être pas vraiment des fails.

Rémy OGEZ | Or Vert, Récolte du Houblon
Rémy OGEZ | Or Vert, Récolte du Houblon

Tu es spécialiste (entre autre) de photos de concert, ce qui implique pas mal de contraintes techniques, notamment au niveau luminosité. Quel matos favorises-tu pour aller shooter un concert?
Pour être précis la question devrait être au passé. Pour diverses raisons, je ne parcours plus les salles de concerts avec mon boitier. Je pense que j’ai fait un peu le tour de cette pratique, et à vrai dire je ne prenais plus autant de plaisir, c’était devenu automatique, sans surprise, sans challenge.

Pour répondre quand même, je prenais le matériel qui s’adapte à la salle. La taille de la salle joue dans le choix des focales, le type de salle dans le choix des ouvertures. Autant alléger son sac photo et ne pas prendre son 70-200 dans une salle minuscule aux allures de cave !

Globalement, les focales fixes sont un must pour les petites salles peu lumineuses, mais il faut alors beaucoup bouger pour multiplier les cadrages et ne pas faire 40 fois la même photo.
Je privilégiais plus mes deux zooms personnellement, qui sont super polyvalents et permettent de très vite d’adapter, même si parfois il fallait monter un peu en sensibilité. En dessous de f/2,8 ça commence à devenir difficile, à moins d’être dans des salles extra lumineuses et avec des groupes qui aiment être vus.
En bref, faut s’adapter, il n’y a pas de matériel parfait dans l’absolu.

Rémy OGEZ | Ni - Marché Gare, Lyon
Rémy OGEZ | Ni – Marché Gare, Lyon

Quel conseils donnerais-tu à ceux qui pendant les concerts, « se battent » avec la lumière parfois capricieuse des scènes ?
C’est très sportif la photo de concert, le photographe subit beaucoup et doit pas mal s’adapter comme je le disais. C’est inutile de conseiller des réglages, car tous les concerts sont différents.

C’est là que j’ai beaucoup appris techniquement. Car dans ces moments-là, quand tu es dans la pénombre, avec une enceinte qui crache dans tes oreilles et des spectateurs qui te poussent vers les barrières, tu te dois de connaitre par cœur ton matériel et ses réglages. Par cœur, c’est surtout savoir régler ton appareil sans décrocher l’œil du viseur.
C’est aussi devoir changer de position au dernier moment car le guitariste se lance un solo, ou encore, changer tous tes réglages en quelques secondes car le gars aux lumières a décidé de changer l’ambiance lumineuse du morceau.
Donc connaître par cœur son boitier, c’est le meilleur conseil qu’on puisse donner je pense, donc en somme, ça nécessite de la pratique !

Mais j’aime dire qu’il faut avant tout faire de la photo de concert avec les yeux ET les oreilles ! Sentir ce qui s’y passe, être en alerte, comprendre la manière dont les musiciens sont sur scène pour s’adapter sans cesse.

Rémy OGEZ | This Will Destroy You - Point Ephémère, Paris
Rémy OGEZ | This Will Destroy You – Point Ephémère, Paris

T’as quelques astuces pour capter au mieux l’atmosphère du concert ? Des positions dans la salle qui fonctionnent à coup sûr ?
Outre redire de faire des photos avec son ouïe ? Je dirais que la majorité des guitaristes sont droitiers, donc si on veut une photo du musicien avec son instrument, se placer à sa gauche est toujours plus approprié. Ça peut aider de regarder des photos ou vidéo pour anticiper le placement scénique et le style de lumière que le groupe utilise.

Je passais les concerts à 80% sur les genoux, ça permet souvent de composer avec les projecteurs au plafond, donc d’aller chercher de la lumière et en plus de rester discret.

Savoir rester discret est pour moi essentiel, ça ajoute une contrainte mais c’est important de faire attention. Alors ne déclenchez pas vos boitiers pendant des moments super calmes et intimistes ; faites-vous petits et n’arrivez pas avec vos gros sabots devant la scène là où sont les fans. Ça fait aussi partie de la pratique, et beaucoup de photographes l’oublient malheureusement…

Rémy OGEZ | And So I Watch You From Afar - Les 4 Ecluses, Dunkerque
Rémy OGEZ | And So I Watch You From Afar – Les 4 Ecluses, Dunkerque

Un dernier mot pour la fin concernant tes projets à venir, tes envies.
Si j’abandonne la photo de concert, j’ai quand même envie de continuer à travailler autour de la musique, mais avec la vidéo, qui a mon sens à plus d’impact aujourd’hui pour les groupes. La contrainte actuelle est de former une petite équipe de cadreurs ici à Montréal, mais j’espère proposer des choses prochainement.

Sinon, je vais profiter de l’été pour explorer les paysages du Québec, avec l’idée de retravailler aussi la manière dont mon site est organisé pour cette section.

Finalement j’ai comme objectifs de travailler sur des projets documentaires, dans la lignée de ma série « Or Vert », sur la récolte du houblon, qui est à ce jour la série dont je suis le plus fier. J’ai quelques pistes, alors il faudra suivre mes actualités pour être tenu au courant ! 🙂

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