Paolo NARDIELLO

J’ai 29 ans, je suis franco-italien, j’habite en Savoie près de Chambéry et je suis auteur-photographe indépendant.

profile-Paolo-Nardiello-photographerQuel a été ton parcours pour arriver au Paolo NARDIELLO d’aujourd’hui ?
C’est à 24 ans, au cours d’un séjour linguistique à New York, que j’ai commencé la photographie. Tout est parti d’une envie de création et d’un besoin de produire quelque chose de mes propres mains. Le dessin et la sculpture ne m’attirant pas, la création d’image via l’appareil photo m’est apparue comme une évidence. J’ai donc immédiatement entrepris un cursus de 3 ans au sein de l’École de Condé de Lyon.

Comment qualifierais-tu ta « patte », ton style ? T’as des influences particulières ?
Mon style photographique s’adapte au sujet/objet photographié, il est épuré et sobre. Ma priorité est la recherche de l’équilibre général de l’image, que ce soit dans la composition, le cadrage, les hautes et basses lumières, afin d’obtenir des images une impression d’évidence, un ensemble harmonieux et naturel.
Ce qui me touche dans une image ce n’est pas ce qu’elle représente – l’objet de la photographie – mais la manière dont cet objet est photographié. J’aime m’interroger sur le choix du photographe dans sa manière de photographier, sa prise de partie. Cela dépasse le caractère purement esthétique, bien que je lui accorde beaucoup d’importance dans mon travail.

Concernant les photographies de personnages, j’aime les rendus simples dans leur composition, qui tendent vers quelque chose de dépouillé, de graphique, à la chromie désaturée dans une lumière assez douce (à la manière des autoportraits que j’ai pu réaliser). Les noir et blanc quant à eux, je les aime contrastés, des noirs profonds et charbonneux un peu à la façon de Newton. J’admire le duo d’artiste Formento+Formento, leur composition, leur lumière, la chromie, c’est magnifique…
Enfin concernant la photographie d’objets ou d’architecture, j’ai une approche beaucoup plus rigide, symétrique parfois. Et les couleurs peuvent être plus vives, à l’instar de BlackLight, une série que j’ai fait il y a de ça quelques années.

Paolo Nardiello | Architecture NYC

Loisir ou source de revenu pour toi la photo ?
Les deux à la fois ! J’en tire une satisfaction financière et j’ai le luxe de sélectionner les personnes avec qui j’ai envie de travailler. Si je prends mon appareil photo c’est que j’en ai envie et non pas le besoin (financier). Quel que soit le travail effectué (artistique ou collaboration), ce dernier émane toujours d’une volonté réelle et d’un choix mûrement réfléchi, c’est très important pour moi.

Niveau matériels, quel(s) est/sont tes armes (boitier(s) et objectif(s)) ?
Mon boitier est un Canon 5D Mark III. Concernant l’objectif, j’utilise uniquement le 100mm 2.8L de Canon. Dans de très rares cas, le 24-105mm 4.0L.

S’il ne devait en  rester qu’un, quel objectif serait ton choix ? Et pourquoi ?
Le 100mm 2.8L est pour moi un réel coup de cœur. Au-delà de l’excellent rapport qualité/prix, de son très bon piqué et du très appréciable bokeh, cette longue focale a d’une certaine manière orienté mon regard photographique. Je me suis adapté aux contraintes qu’implique l’utilisation d’une telle focale. Une manière de s’attarder plus sur les détails du fait de l’angle restreint de la focale, et qui amène forcément à faire un choix de cadrage et donc de renoncer au reste, à ce qui deviendra le hors-cadre.
Au début c’était un bon exercice pour chercher à capter l’essentiel et avec le temps c’est devenu une habitude. Notamment dans la façon d’isoler des parties d’édifice architecturaux, car oui je fais de la photo d’architecture au 100mm. C’est peu commun et c’est peut être aussi ça qui m’attire. Il y a également une histoire de prise de distance avec le sujet photographié.
Je préfère me trouver à bonne distance, éviter d’être trop intrusif, laisser le plus d’espace entre le sujet et moi. Et enfin l’absence de toute distorsion est toujours appréciable même si de nos jours le redressement des perspectives se fait en un clic.

Paolo Nardiello | Fashion BB

Quel(s) logiciel(s) utilises-tu pour le post traitement ?
Bien que le post-traitement reste une étape incontournable pour moi, je le manie avec précaution. On peut très vite tomber dans l’excès et cela au détriment de la photo.
Photoshop reste pour moi l’outil le plus puissant et le plus simple à utiliser.

Quel a été ton plus gros « fail » ?
Un classique je pense : l’oubli de carte mémoire avant un shooting en extérieur ! On se sent un peu démuni face à son appareil, qui au final ne sert pas à grand-chose. Heureusement ce jour-là, j’ai pu aller en acheter une à deux pas, un coup de chance… Cela n’est plus arrivé depuis. Quand on veut on apprend vite!

Laquelle de tes photos est liée à l’histoire la plus insolite ?
Dans le cadre de mon cursus d’étude, nous devions effectuer un stage avec un photographe. Pour ma part, celui-ci s’est déroulé à New York au côté de Martin Scott Powell, un photographe écossais travaillant à New York et dont j’apprécie beaucoup le travail.
A cette période, se déroulait la fashion week, je suis arrivé quelques jours avant qu’elle se termine. J’en ai donc profiter pour faire pendant mon temps libre quelques photographies des « streetlooks » devant les lieux qui accueillaient les défilés des différentes marques. Puis le dernier soir, pour le dernier défilé de la semaine, je me suis présenté devant la Lexington Armory, lieu où se déroulait le défilé de Marc Jacobs.

Sans trop de conviction, je me suis dit que j’allais tenter d’assister à cet événement majeur de la semaine qui signait le dernier défilé de Marc Jacobs à New York. Sous une pluie battante et avec mon 5D Mark III au poing, dans une cohue générale et il faut le dire une certaine confusion, je me suis fait passer pour le photographe d’un grand magazine français donnant mon nom qui je le savais ne figurait pas sur la liste.
Après une recherche infructueuse, et à mon grand étonnement, on me laissa tout de même le droit d’entrer! Et là il est difficile de décrire la sensation éprouvée. Je me suis senti comme dans un univers irréel. J’ai découvert le coude à coude avec les autres photographes pour se faire une place de choix, l’univers d’un défilé de mode de haute couture, les backstages et toute la frénésie qui accompagne ce genre d’événement.

C’était vraiment intéressant de vivre ce genre de choses de l’intérieur et ce fut pour l’époque l’une des meilleures sensations que j’ai eu et surtout en n’étant pas spécialement préparé.

Paolo Nardiello | Autoportrait

Qu’as-tu déjà dû enlever de ta valise pour emmener ton matos photo ?
J’ai un sac à dos spécialement dédié au transport de mon matériel, alors je n’ai jamais vraiment été confronté à ce dilemme !

A l’heure où tu réponds, quelle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
C’est plutôt une série de photos, de plusieurs terrains de tennis abandonnés en Savoie. Je les ai aperçus lors d’un trajet en train, je n’ai pas résisté et je suis retourné photographier cet endroit atypique.

Si ton appareil photo pouvait parler, qu’est-ce qu’il raconterait ?
Sûrement qu’il aimerait faire un tour dans les fonds marins, dans un caisson bien confortable, histoire de changer d’élément!

J’te laisse le mot de la fin pour nous parler un peu de ton actu et tes projets à venir.
Je collabore actuellement avec une société du Nord-Est de la France au concept innovant, la fabrication sur-mesure de lunettes optiques et solaires, le tout « made in France ». Je suis chargé de la production visuelle (photo/vidéo).
En parallèle je développe un projet de collaboration avec un passionné du cuir qui a créé sa propre marque de produits fabriqués en France sur-mesure, taillés et cousus à la main. En effet, je suis particulièrement attaché aux savoir-faire locaux et aux concepts innovants.

Enfin dans le cadre du développement de la partie artiste de mon activité, je recherche des galeries afin d’exposer mes travaux personnels !

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