Maxime DAVIRON

Je m’appelle Maxime DAVIRON, j’ai 23 ans et j’ai momentanément quitté la France en 2015 pour l’Amérique du Nord, je vis actuellement à Montréal. J’essaie de vivre de la photo depuis quelques années.

profile-maxime-daviron-photographerPeux-tu nous dire quelques mots sur ta trajectoire pour en arriver au Maxime DAVIRON d’aujourd’hui ?
Côté photo, je ne sais pas vraiment quand ça a commencé. J’ai toujours été attiré par ça, la façon dont une image figée peut raconter une histoire. Entre mon enfance et aujourd’hui je suis passé d’appareils jetables à bridges puis à différents reflex, ainsi que quelques argentiques.
Après mon Bac j’ai étudié la photo pendant deux ans à l’ETPA, une école toulousaine privée. Je suis resté à Toulouse quelques années avant de m’expatrier au Canada au printemps 2015, pour quelques temps.
En dehors de ça je suis passionné par beaucoup de choses et je suis musicien depuis mes 7 ans, une activité qui occupe une place au moins aussi importante que l’image dans ma vie.

Qu’est ce qui caractérise ton style ? T’as des influences particulières ?
D’abord le genre qui m’est le plus cher est le paysage, à la base du moins. J’essaie d’éviter autant que possible le « joli paysage gentil », je suis plutôt attiré par des ambiances tempétueuses, sombres, oniriques et cinématographiques. La montagne est mon univers de prédilection, j’y ressens quelque chose de complètement indescriptible qui prends aux tripes, qui intimide. Il y a quelque chose de quasi spirituel à parcourir ces lieux seul, durant des jours.

Outre la montagne, je suis « chasseur d’orage » (bien que je n’aime pas ce terme) depuis une dizaine d’années. Là encore, j’éprouve une fascination sans bornes pour ces éléments, en particulier la foudre.

Dés que j’ai eu mon permis je suis aussi devenu un accro des road trips. Avec cette façon de voyager, mon approche de la photographie a évolué, j’essaie d’intégrer un peu plus l’humain, les lieux traversés, de retranscrire ces différentes ambiances. C’est d’autant plus le cas depuis que je suis en Amérique du Nord : c’est un univers qui m’a toujours un peu fait rêver, via le cinéma, la littérature ou la musique. Les États-Unis plus particulièrement, bien des lieux perdus de l’Amérique profonde ont des choses à raconter qui en disent souvent long sur l’histoire de ce pays. Je repense par exemple à un village abandonné que nous avions traversé, dans le Dakota du Sud, où se trouvait un ancien saloon avec un écriteau sur la façade déclamant « Indians Allowed », suivi du nom des tribus autorisées…

Maxime Daviron | Badlands National Park, South Dakota, États-Unis
Maxime Daviron | Badlands National Park, South Dakota, États-Unis

Pour mes inspirations, elles sont à la fois musicales, picturales, cinématographiques, littéraires, etc., mais pas tant photographiques, du moins pas pour le côté « paysage ». Pour le reste en revanche, j’aime beaucoup les photographes coloristes des années 60′ / 70′, Stephen Shore en tête. C’est d’ailleurs une période qui m’influence assez, culturellement. Pour remonter un peu plus loin, on pourrait aussi parler de Walker Evans, Robert Frank ou Dorothea Lange. Plus récemment, il serait difficile de ne pas citer Gregory Crewdson, qui lui travaille précisément à réaliser des images « sorties d’un film », avec des budgets hollywoodiens en lumières et décors.

Une chose importante aussi, j’écris des récits de mes voyages photographiques les plus intéressants, que ce soit en montagne ou sur les routes. C’est désormais devenu presque aussi important que la prise de vue en elle-même.

Loisir ou source de revenu pour toi la photo ?
C’est avant tout une passion, évidemment, mais c’est aussi devenu un travail. Par contre ce n’est pas encore une réelle source de revenu, vivre de la photo d’art est extrêmement compliqué, il faut faire sa place petit à petit. Mais je dirais que les choses évoluent bien, tout doucement.

Niveau matériels, quel est ton équipement (boitier(s) et objectif(s)) ?
Je travaille essentiellement en numérique ; en boitiers : Nikon D750 et D7000, et en objectifs : 24-70mm / 50mm / 85mm ainsi que 10-24mm et 70-300mm pour le D7000, qui est maintenant un boitier secondaire.
J’ai aussi un Zenith E et un vieux Minolta (enfin, celui-ci est à un pote), tous deux argentiques.
(+ Trépieds / sacs / télécommandes / filtres / et accessoires divers).

Maxime Daviron | Vallée d'Estaubé, Pyrénées françaises
Maxime Daviron | Vallée d’Estaubé, Pyrénées françaises

On te demande de jeter tous tes objectifs sauf UN… Lequel sauves-tu ?
Dur dur. J’aurais tendance à dire le 50mm, qui est la focale normale pour un 24×36 et donc un objectif taillé pour retranscrire au mieux ce que l’on voit. Et puis une focale fixe c’est à mon sens mieux pour être créatif, les contraintes du cadre poussent à réfléchir à sa photo, à bouger, essayer des choses… Le 50mm est aussi parfait pour du reportage, du portrait, etc.

C’est peut-être une réponse surprenante pour quelqu’un qui fait beaucoup de paysage et devrait théoriquement préférer un grand angle, mais les focales plus longues sont vraiment mieux pour essayer de saisir l’immensité des choses, les perspectives sont moins étirées, plus justes.

Tu utilises quel(s) logiciel(s) pour le post traitement ?
Photoshop / Camera Raw (ou un labo pour l’argentique, ce qui est d’ailleurs la même chose, contrairement à ce que pensent pas mal de gens).

A l’heure où tu réponds, quelle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
Arg. Sûrement une photo de mon chat, je m’ennuie pas mal photographiquement parlant en ce moment, alors je teste le D750 en basse lumière sur le modèle le moins contraignant que j’ai sous la main ! Il est temps que je prenne la route…

Quelle photo, t’ayant posée le plus de soucis à prendre est aujourd’hui une fierté ?
Il y a beaucoup de photos pour lesquelles j’ai dû marcher et grimper assez longtemps (sans parler des pannes de voiture et ce genre de pépins), le plus dur étant l’hiver en haute montagne, sans surprise. Par ailleurs les conditions de prise de vue sont souvent chaotiques, dans beaucoup de ces environnements qui m’attirent. Difficile d’en retenir une en particulier.

Au cours de tes années de photo, quel a été ton plus gros « fail » ?
Ah, j’ai dû en avoir quelques-uns, il m’arrive souvent des histoires à dormir debout. Peut-être cette fois où je suis parti faire un sommet assez méconnu, dans les Pyrénées, qui semblait offrir une vue incroyable d’un haut massif en face de lui, puis rester dans les nuages deux jours durant, se perdre dans une forêt embrumée pendant des heures au retour avant de finalement retrouver sa voiture, trempé et épuisé.
Il me faudra d’ailleurs y retourner 3 fois avant de voir ce fameux massif se découvrir complètement. L’Ariège est une région à la météo assez « compliquée », surtout en automne, et c’est une des choses qui me plait là-bas, on est toujours surpris et on échappe facilement au ciel bleu (qui est mon pire cauchemar).

Maxime Daviron | Pyrénées
Maxime Daviron | Pyrénées

As-tu déjà dû renoncé à quelque chose pour pouvoir emporter ton matos photo en voyage ?
En road trip je ne pense pas ; peut-être quelques bricoles pour venir au Canada. En revanche je tente désespérément et par tous les moyens d’alléger mon sac de randonnée, sans grand succès…

Tu es un adepte des photos de grands espaces, parfois dans des conditions extrêmes. As-tu des astuces pour éviter les désagréments qui peuvent gâcher une sortie (pluie, neige, poussière…) ?
Sachant que j’ai plus tendance à chercher la neige et la pluie qu’à les éviter, je ne suis pas un bon exemple. Par contre il y a quelques petits trucs basiques pour protéger son appareil (même tropicalisé, il a ses limites). Il existe des étuis ou plus simplement des espèces de poches plastique à mettre sur son boitier, le pare-soleil peut vaguement faire office de pare goutte si il n’y a pas de vent… Sinon pas de solutions miracles, à part éventuellement bricoler des trucs. En tout cas quand vous revenez d’une sortie humide, mettez votre appareil dans un sac de riz, et surtout pas de sèche-cheveux.

Tu fais également pas mal de sorties nocturnes, quel est ton mode de fonctionnement pour réussir au mieux ces sorties ?
Pour le paysage nocturne je n’ai pas beaucoup de conseils à donner, hormis d’être équipé pour, éventuellement d’avoir repéré les lieux de jour, pour réfléchir à l’avance à sa composition. En milieu urbain en revanche il faut seulement faire gaffe à ne pas finir dans un ghetto craignos avec un boitier à 2000$.

Si on donnait la parole à ton appareil, qu’est ce qu’il dirait sur toi ?
Il trouverait sûrement le moyen de se plaindre ! Il voyage pas mal, mais comme je le disais, les conditions de prise de vue sont généralement assez « compliquées », disons qu’il connait le pire pour un appareil photo : pluie, grêle, vents violents, poussière, froid et chaleur extrême, neige, eau de mer… Sans parler des coups qu’il prend souvent quand il faut grimper, en montagne aussi bien que dans les ruines. Il n’a pas encore été foudroyé ceci dit, alors ça pourrait être pire !

Maxime Daviron | Scott City, Kansas, États-Unis
Maxime Daviron | Scott City, Kansas, États-Unis

J’te laisse le mot de la fin pour nous en dire un peu plus sur ton actu et/ou tes projets à venir.
Côté actu je pars faire un nouveau road trip en juillet et août aux États-Unis, toujours depuis Montréal donc, cette fois-ci vers le sud-ouest, où je passerai un mois, puis toute la côte est en remontant.
Le « but » (ou le prétexte) du voyage est principalement les états du Nouveau-Mexique et d’Arizona, où je vais pour la saison des orages en quête de foudre dans des ambiances désertiques, ainsi que la région Louisiane / Floride également pour la foudre.

Mais surtout, je pars pour la photographie au sens large, pour ces fameuses ambiances uniques, ces villages paumés… Les travaux de photographes comme Stephen Shore, William Eggleston, Joel Meyerowitz ou encore Gregory Crewdson m’inspirent énormément pour ce type de voyages, et comme je le disais tout à l’heure, ma démarche évolue. J’ai envie d’encore plus prendre le temps de m’imprégner de ces atmosphères… J’aimerais aussi intégrer du portrait, peut-être.

Également, j’ai repéré différents lieux assez surréalistes, et j’aimerais arriver à en tirer quelque chose de vraiment onirique, pour le paysage pur, avec des influences picturales cette fois, Dali et Moebius étant certainement les plus importantes.

En tout cas ce qui est certain c’est que tout ça risque de donner un récit assez riche !

Côté projets : toujours plus de voyages, alors que paradoxalement on rentrera en France pour quelques temps à la fin de l’automne prochain, sur Toulouse de nouveau. Le seul frein est financier, comme toujours, mais je compte malgré tout multiplier les destinations. L’Himalaya me fait complètement fantasmer, je commence à étudier un trajet qui longerait l’intégralité de la chaîne d’ouest en est, entrecoupé de longs treks, mais ça ne sera certainement pas pour tout de suite.
Quoi qu’il arrive une fois rentré en France je compte bien arpenter les routes d’Europe autant que possible, l’Espagne notamment ; et retrouver les montagnes…

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