Luc GIROUARD

Déjà à l’aube de mes 50 ans, j’habite Montréal au Québec. Depuis 1989, et j’enseigne au collégial (équivalent au bac première année en France) depuis 1991. 🙂

photo-lucQuel a été ton parcours pour arriver au Luc GIROUARD d’aujourd’hui ?
Étant jeune j’ai eu un intérêt très marqué pour le dessin, je dessinais des camions, des automobiles, des avions et je pratiquais quelques sports ici et là, mais pas de manière intensive. J’étais un petit garçon tout à fait normal quoi!

Mon intérêt pour le dessin s’étant maintenu au fil des années, j’ai décidé d’étudier l’architecture sans que ça ne soulève de réelle passion. Mon coup de coeur, c’est en graphisme et en illustration (aérographie) que je l’ai eu. J’ai eu la chance de faire un WorkShop à New York  avec tous mes mentors de l’époque. Par la suite, j’ai bifurqué tranquillement du métier d’illustrateur pour migrer vers d’autres passions toutes aussi fortes: le design graphique et la typographie. Bien évidemment durant ma carrière, j’ai eu la chance de croiser des photographes professionnels. À une époque, la photo argentique ne me faisait pas vibrer, je la trouvais trop technique tout en reconnaissant son  importance. Quelques dizaines d’années plus tard ce sera finalement grâce au numérique que j’acquis mes premières armes en photo. Je suis tombé en amour avec ce médium dès que j’ai commencé à maîtriser les principaux paramètres techniques de mon premier boitier (Powershot de Canon) et à saisir sa philosophie bien particulière. La photographie me permettait de m’exprimer à nouveau librement.

C’est ce petit je ne sais quoi qui tient un peu de l’aventurier et de l’accomplissement personnel, qui m’a plu tout de suite durant mes longue sorties de nuit en photographie. Je crois que cette approche sur trépied la nuit m’a beaucoup aidé à comprendre comment bien capturer la lumière ainsi que ses nombreux effets.

Olivier Girouard | Bilbao Guggenheim

Petite anecdote; mes premières sorties de nuit s’échelonnaient durant 6-7 heures, marchant sur plusieurs kilomètres.  Je rentrais à la maison avec près de 600-700 clichés dans ma cartouche. Fébrile et énergisé par cette nuit à errer dans la ville, j’étais incapable de m’empêcher de regarder mes images sur mon ordinateur et même d’en éditer certaines sur le champ… La piqûre de la photographie venait de faire son effet!

Aujourd’hui, je reconnais plus précisément ce que je recherche. Les idées et sujets ne manquent pas, il faut simplement y mettre le temps. Depuis peu, je n’hésite pas à travailler le jour si je peux obtenir l’effet souhaité. La photographie scénarisée dans un contexte particulier, comme par exemple la série Walking Mary, m’intéresse beaucoup. J’aimerais aussi aborder un jour le nu, mais je dois pour cela trouver le bon contexte qui sera dans la continuité de mon approche photographique.

Olivier Girouard | Walking Mary

Comment qualifierais-tu ta « patte », ton style ? Quelques noms de photographes qui t’ont donné ou te donnent encore envie de (toujours plus) photographier ?
Gregory Crewdson, Vincent Menier, Edward Burtynsky, Andy Lee, Greg Miller, Richard Mosse, Alexandre Deschaumes, Philip Bloom sont entre autres des influences que j’apprécie particulièrement.

Pour ma part, outre les bleus dominants dans mes scènes de nuit, je suis fasciné par les endroits où se manifeste une certaine désolation, où le temps semble s’être arrêté et où l’on peut sentir qu’il y a une petite histoire au-delà du cadre photographique. Quotidiennement, je me documente et observe tout autour de moi ce qui me permet de faire évoluer continuellement ma réflexion. La lumière de la nuit me fascine littéralement, j’aurai toujours une affection particulière pour ce contexte photographique.

Il y a environ 4 ans, j’ai rencontré ma conjointe actuelle qui travaille de façon admirable avec la photographie mobile. Isabelle (MissPixels) m’a fait prendre un sérieux recul sur ce que je mitraillais littéralement avec mon appareil dans le but de me faire prendre conscience du meilleur de mes chasses nocturnes, merci Isa! Bref, personnellement, je me vois comme un photographe «Landscape urbain» mais dans l’univers actuel où la photographie est accessible à tous et presque sans limite technique (Drone, caméra hyper sensible, sous-marine, miniature, ultra compacte… ) l’étiquette est-elle si importante?

Olivier Girouard | Biarritz Hotel Alcanar

Loisir ou source de revenus pour toi la photo ?
Loisir! Mais Il m’arrive tout de même à l’occasion d’accepter un mandat photo ici et là, il faut que ce soit dans mes cordes, et que ça endosse totalement mon approche photo.

Niveaux matériels, quel(s) est/sont tes armes ?
Boitier : Canon 5D Mark III / lentilles : Canon 24-85mm / 70-200mm et Sigma 120-400mm.
Drone : DJI Inspire 1, camera x3 / la x5 a déjà été commandé au père Noël, mais toujours sans réponse pour l’instant 🙁

S’il ne devait en rester qu’un, quel objectif serait ton choix ? Et pourquoi ?
J’hésiterais entre la 24-85mm (pour l’architecture, le landscape et le portrait en général) et 70-200mm (pour le portrait, les animaux et aussi pour le landscape selon l’occasion).
En matière de lentille, on me recommande souvent aussi la 135mm fixe / F2.0 «Sweet spot» à 5,6.

Luc Girouard | Mekong

Des outil(s) favoris pour le post traitement ?
Capture One est selon moi, le logiciel le plus précis en post-traitement. Ce dernier, combiné à Photoshop pour quelques petits ajustements particuliers, donne de fameux résultats.
N.b. : Il faut imprimer le travail édité avec ce logiciel pour comprendre ce qu’il peut apporter comme différence.

Quel a été ton plus gros « fail » ?
Mon plus gros «fail» est essentiellement quand je suis trop occupé pour ne pas faire de la photo! Il y a toujours des «fail» systématiques à chacune de mes sorties, trop flou, trop lumineux, angle discutable et ainsi de suite. Il arrive à l’occasion que  je n’arrive pas à atteindre ce que je cherche de toute la soirée.

Ceci dit, le drone me donne plus de fils à retordre et l’erreur devient très dispendieuse (Outch!). Je me considère comme un bon pilote, je suis très prudent avec cet appareil, mais des erreurs arrivent à l’occasion malheureusement. Depuis que je travaille ce médium, j’ai vécu deux crashs importants. Le premier fut lors d’une sortie banale où je tentais de diriger le drone sous un pont, juste au-dessus de l’eau. J’ai percuté un muret. C’est à ce moment que j’ai compris qu’un drone, ça ne nage pas! 😉

Mon dernier crash est tout récent. Je « dronais » doucement au-dessus de ma copine, couchée sur le sol sur le bout d’une route abandonnée, pour prendre une série de photo. J’ai ensuite poursuivi mon vol en accélérant pour passer au-dessus des arbres au bout du chemin mais j’ai mal évalué la hauteur de leurs cimes… Et Bang $$$$!

Olivier Girouard | From ABOVE Chemin Davis

Qu’elle a été la photo la plus dure à prendre, mais pour laquelle tu t’es finalement dit « Bon ok, ça en valait vraiment la peine ! » ?
Mes recherches photographiques ne génèrent pas réellement de déplacement casse-cou ou dangereux à un point tel que ma vie serait en péril. Par contre, les grands froids québécois et la neige (ex.  série Dead airport ou les animaux) peuvent provoquer des engelures aux doigts le temps de trouver ce que je recherche esthétiquement. Je me méfie des édifices en hauteur abandonnés ou des secteurs interdits par la loi. Je retiens une phrase qu’on m’a déjà dite un jour «il faut simplement accepter que tout ne se prête pas toujours à la photo».

Tu fais quelques photos d’animaux sauvages, ça impose beaucoup de patientes patience… Quel est ton « kit » lorsque tu pars comme ça expédition ?
Mon 5D, et mon 120-400mm, ça c’est certain! En général pour les animaux, j’adore les photographier l’hiver. La neige et les grandes étendues blanches du Québec sont des décors naturels magiques pour ce type de sujet, la patience vient avec l’intérêt qu’on y développe (ex.: Vincent Menier).

J’apprends de plus en plus à me protéger du froid, surtout des vents, car une fois dans la neige au niveau du sol, c’est plutôt confortable pour tout le corps. Ce qui gèle de manière instantanée, ce sont les doigts. Si on cherche de la précision, il est presque impossible de shooter avec des mitaines lors de conditions de froid extrême ( de – 27 à – 45°C ). Il faut être prudent  et ne pas les laisser sans protection aux grand vents car rapidement, on ne les ressent plus et ça devient carrément impossible de shooter (ex.: à -27 environ pour la série Wolf et -45°C pour la série de Saint-Henri-de-Taillon).

Olivier Girouard | Wolf

A l’heure où tu réponds qu’elle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
Des tests de profondeur de champ avec ma 70-200mm et mon chat qui a toujours l’air aussi bête! Ha! Ha! Ha!

Ton appareil et toi passez beaucoup de temps ensemble… Que raconterait-il s’il pouvait parler ?
Je le traîne avec moi le plus possible, je ne sais pas ce qu’il vous témoignerait, mais probablement que je suis au petit soin avec lui et que je le fais passablement voyager. Il a visité le Vietnam, l’Espagne, l’Italie, et ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’il va très probablement aller en Islande, en Écosse, au Chili, en Patagonie (souhaitons-le) et dans l’Ouest canadien dès que ce sera possible.

Olivier Girouard | Cap-Saint-Ignace

J’te laisse le mot de la fin, parle-nous de ton actu et des projets à venir.
Mes projets photographiques actuels sont passablement partagés entre le drone et ma 5D, ce n’est pas du tout le même «Mind set» pour chacune de ces disciplines, un beau problème j’oserais dire! Pour ce qui est de mes projets à venir, je vais avoir 6 photos de drone imprimées en grand format lors d’une exposition extérieure à Montréal durant la période estivale.

J’ai aussi quelques projets d’expositions pour 2017.
Un voyage en Nouvelle-Écosse ici au Canada ( Cabot Trail ) que nous allons faire très bientôt, ensuite on verra! L’été semble plutôt bien s’inviter chez nous cette année, alors on va sortir le plus possible! 🙂

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