Kilian FRAGU

Je m’appelle Kilian Fragu, j’ai 25 ans, je suis varois et travaille au club de rugby de ma ville, le Rugby Club Toulonnais, en tant que vidéaste / photographe

profile-kilian-fragu-photographerQuel a été ton parcours pour arriver au Kilian d’aujourd’hui ?
J’ai toujours été passionné de cinéma depuis mon plus jeune âge, et en grandissant, ça s’est étendu à l’image en général. J’ai commencé à faire de la vidéo sur Counter Strike Source, puis en parallèle lors de mes études en DUT j’ai investi dans un Canon 60D pour pouvoir filmer mes propres images que ce soit sur des événements ou sur de courts projets.

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Les études aidant, le gaming est passé aux seconds plans et je me suis intéressé plus en détail au montage vidéo pur et à la construction d’un plan, d’une image. À la base, cet appareil était purement pour la vidéo et j’ai commencé à faire de la photo comme ça, sans prise de tête, en vacances, avec des amis, et lors de sorties. Petit à petit, j’y ai pris goût et j’ai investi dans d’autres objectifs.

Jusqu’au jour où je suis allé à New York en 2013, et là, ça a pris une autre dimension pour moi. J’avais en tête de filmer tout ce que je pouvais sur le séjour et évidemment faire des photos. Visuellement, c’est une ville qui inspire (tu sais ce que c’est… ) et qui nous parle naturellement à travers toutes les images qui y font références, notamment le cinéma.C’est là où j’ai pris des clichés qui m’ont vraiment marqué et qui ont fait office de réel déclic (plus particulièrement la photo ci-dessus).

Avec toute cette masse de photo et de rushs, j’ai pu m’en donner à cœur joie une fois rentré pour retoucher, monter, et revivre par extension le temps passé sur place. J’ai pu en sortir trois vidéos distinctes. Video 3 Depuis, dès que je sors quelque part, mon appareil ne me quitte pas.

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Comment qualifierais-tu ton style ? T’as des influences particulières ?
Difficile de placer une définition mais je pencherais pour un côté cinématique appuyé, que ce soit dans les cadrages ou les attitudes.

Au niveau des influences, Maxime Villalonga m’a inspiré de par ses clichés et le traitement qu’il y apporte, tout comme Jeff Kroll, le classique Philip Bloom et pour finir Clinton Lofthouse pour certains de ses montages qui se penchent sur le côté purement horrifique. Justement, il y a des thèmes que j’affectionne particulièrement comme le post-apo et les films d’horreur.
J’essaie continuellement de créer une ambiance, un ton, quelque chose qui me parle, faire en sorte que la photo ne soit pas “plate” à mes yeux, dans son sujet et sa réalisation. Je privilégie avant tout la lumière naturelle.

Kilian FRAGU

Quel est ton équipement photo ?
Mon kit de base est composé ainsi : Canon 5D Mark 3 + Tokina 11-16mm f2.8 + Sigma 35mm f1.4 ART + Samyang 85mm f1.4 + Canon 135mm f2 L +  Sigma 24-105 f4 ART.
Mon Canon 60D est toujours vaillant et me sert principalement d’unité de timelaps ou de caméra B sur des interviews.

Je privilégie les grandes ouvertures pour la qualité et les possibilités créatives que ça offre. Pour les accessoires photos/vidéo, j’ai un trépied Manfrotto, un DJI Ronin M et bientôt un Sony A7S II.

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Parmi tes objectifs, s’il ne devait en restait qu’un. Lequel aurait ton choix et pourquoi ?
Je pense que je garderais mon Sigma 35mm ART pour sa polyvalence et le rendu des photos : il fait partie des objectifs permettant d’avoir un effet presque 3D qui est juste exceptionnel.

Qu’utilises-tu pour le post traitement ?
Lightroom essentiellement qui couvre 90% de mes besoins, et Photoshop si je dois faire des manipulations plus poussées!

Quel a été ton plus gros « fail » depuis tes débuts ?
Il y en a un qui me vient à l’esprit, c’est le fait d’avoir pris toute une séance couple en extérieur et me rendre compte une fois arrivé chez moi, que j’ai fais la séance en format d’image Small au lieu d’utiliser l’habituel format RAW pour avoir la meilleure qualité possible…

Heureusement ça reste “exploitable” en numérique mais pour du grand tirage, on repassera…. Celle-là je m’en souviendrais longtemps je pense! Sinon habituellement je suis plutôt organisé…

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Tu aimes donner un côté « cinéma » à tes clichés avec notamment pas mal de mises en scène. Quel est, en général, ton mode de fonctionnement pour une série de l’idée initiale à la réalisation finale ?
Une idée peut me venir par hasard, en regardant un film ou essayer de reproduire une ambiance, un plan ou une scène particulière, ça peut également venir d’un autre photographe dont j’essaie d’adapter l’idée à ma sauce, avec mes propres références et ma vision.

Concrètement, il n’y a pas de chemin préétabli. Même une fois sur place, que j’ai déjà pensé mon cadrage, ça peut évoluer vers une direction inattendue. Ma compagne m’aide souvent sur mes travaux et me sert également très souvent de modèle. Je donne quelques directives quand j’ai vraiment ce que je veux en tête pour une série personnelle, pensée et préparée, mais une des plus grandes satisfactions c’est quand on arrive au résultat escompté sur le vif, avec des instants de vie capturés, à la volée.

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Et pour finir, un gros travail de retouche colorimétrique afin d’amener la photo vers l’ambiance voulue. C’est une partie qui est délicate et qui peut demander beaucoup de micro ajustements.

Cette dimension « dramatique » et « cinématographique » se retrouve dans ton travail et notamment dans celui avec le club de rugby de Toulon. Pour les curieux et les amoureux de sport, comment on se retrouve dans les coulisses d’un club de haut niveau ? D’un point de vue photographique, qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?
J’ai été embauché à l’issue de mes études, après 6 mois de stage au club, en renfort du pôle multimédia, avec pour mission de consolider la communication au niveau vidéo surtout.

Parmi mes tâches, la prise de photos s’est rapidement imposée avec les demandes des commerciaux et partenaires par exemple. De ce point de vu, ça m’a permis de réellement me former sur le tas. Quand il faut composer avec les conditions de lumières moyennes, la vitesse des joueurs, un matériel pas forcément adapté et l’envie d’avoir le meilleur rendu possible, ça commence à être sportif!

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Ça a donc été une très bonne école pour comprendre parfaitement les spécificités de la photo et ce, en peu de temps : avoir une meilleur compréhension des réglages et une meilleur maîtrise de mon appareil afin de pianoter très rapidement. Quand on est parachuté sur ce type de shoot, dans le stress (au début du moins), la vitesse, le bruit du stade, les conditions difficiles, c’est là que le vrai apprentissage se fait!

Bon, c’est pas la guerre non plus mais c’est un exercice très intéressant! De ce fait, ça m’a également appris à travailler très rapidement, avoir des yeux derrière la tête et aller directement à l’essentiel pour avoir la photo voulue.

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Pour le reste, c’est vrai que c’est sympa de voir son travail utilisé pour illustrer la communication du club ou sur certains produits vendus en boutique. Le fait d’avoir le “full access” permet une plus grosse marge de mouvement et de prendre des clichés marquants de l’histoire du club.

En plus de la photo, tu fais de la vidéo. Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux photographes qui veulent aussi s’essayer à la vidéo mais qui ne savent pas forcément quoi ou comment filmer ? As-tu des « astuces » de plans simples qui donnent à coup sûr des séquences sympas et efficaces?
La vidéo et la photo se rejoignent forcément à un moment, surtout avec les appareils photos actuels qui permettent de filmer, on a ainsi la même approche concernant les réglages, la gestion de la lumière, la composition….

Throw a spark from Kilian Fragu on Vimeo.

Tout comme en photo, il ne faut pas forcément un sujet précis, bien sûr ça aide, mais ne serait-ce que faire un film d’ambiance ou un film de vacances un peu travaillé, où on va prendre le temps de composer ses plans, si possible utiliser un trépied afin d’éviter la main levée s’il n’y pas de stabilisation, permettra de sortir des images exploitables.

Toujours avoir en tête l’échelle des plans, un œil cinématographique. Il n’y a pas de recette miracle à prescrire, ça se fait la plupart du temps à l’instinct. Après la magie opère au montage, on va jouer sur le rythme en fonction de la bande-son, les différents raccords, les transitions possibles…

Ce sont deux domaines bien distincts mais avec une approche artistique parallèle. Je m’épanouis dans les deux domaines avec à chaque fois l’objectif de sortir quelque chose d’impactant.

Kilian FRAGU | Something is coming
Kilian FRAGU | Something is coming

Si on laissait 2 min la parole à ton appareil, que nous apprendrait-il sur toi ?
Que cette année il est resté un peu trop longtemps dans son sac à cause du manque de temps!

A l’heure où tu réponds, quelle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
Il n’y en a pas car je vide tout sur mon PC systématiquement, afin de repartir complètement “propre” et prêt pour la prochaine sortie!
Sinon il y aurait eu une série de cliché pris sur la cathédrale du petit village de Chamaret dans la Drôme dont en voici deux que j’ai pu sortir. Way Down We Go (ci-dessous) / Something is Coming (ci-dessus).

Kilian FRAGU | Way Down We Go
Kilian FRAGU | Way Down We Go

J’te laisse le mot de la fin, parle nous de ton actu et de tes projets à venir.
J’ai toujours une liste de projets photos et vidéos à faire lorsque j’ai le temps. Niveau pro, on s’est lancé dans la prestation de service avec un ami (mariage photo/vidéo, vidéos entreprises…), c’est le début d’une belle aventure (voir le site)!

Niveau perso, on peut retrouver une web série que j’écris, basée sur un projet réalisé pendant mes études, des idées de mises en scène photo sur d’autres personnages (cinéma et jeux vidéos), des montages de bandes-annonces de films à refaire, des mashups dont un qui se rapprocherait du Hell’s Club, des idées des courts-métrages qui lorgnerait du côté de celui que j’ai réalisé avec deux amis en 2013 Friday the 13th A new wake, mais sur une autre icône de film d’horreur…

Il y a toujours une petite voix qui me dit : “tu devrais réaliser ça, faire ça, et pourquoi pas ça aussi?” qui me pousse à toujours développer quelque chose. Comme dirait Dexter,c’est mon passager sombre!

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