Kevin MEYNIER

Né à Toulouse, j’ai grandi dans le sud-est toute ma jeunesse. Aujourd’hui j’ai 29 ans et suis maintenant près de Pau, dans la région Aquitaine. Je suis gérant d’un magasin spécialisé dans le matériel professionnel la semaine et photographe au sommet de mes montagnes à mes heures libres quand les conditions météo sont les plus pourries bien entendu.

Peux-tu nous dire quelques mots de ta rencontre avec la photo ?
J’ai commencé la photo tout bêtement en 2010, suite à une erreur de livraison d’un site internet, qui au lieu de me livrer un caméscope, m’a livré mon tout premier reflex un Sony alpha 350 !

Ensuite je ne faisais que photographier un peu tout et n’importe quoi, sans grand intérêt artistique.

Cela ne fait qu’un an et demi vraiment où je me suis posé sur un style de photo et que j’ai fait mes premiers paysages.

Aujourd’hui la photo est, pour toi, un loisir ou une source de revenu ?
Aujourd’hui, la photo est un loisir à plein temps. Mais j’espère pouvoir percer en tant que pro un jour ne serait-ce que juste pour exposer ou vendre des tirages. La photographie de studio ou de mariage et autre ne m’intéresse pas.

Une tempête de neige commença, le vent faisant avancer la calotte glaciaire pour entrer en collision avec la terre.

Amoureux des grands espaces, tu t’attaches à capturer ceux-ci dans des conditions météo particulières (orage, pluie, neige…). Pourquoi t’être intéressé à cette atmosphère plutôt « sombre » ?
Alors, c’est une question assez ambiguë pour moi, du moins je ne pourrais y répondre précisément… En fait j’ai toujours aimé l’extrême des choses comme les sports extrêmes que j’ai pratiqués pendant longtemps à différent niveau suivant les disciplines. Dans l’art j’aime pousser les choses plus loin que ce qui se fait en règle générale.

De ce fait les conditions extrêmes m’ont envoûté tout naturellement, j’ai de suite aimé ces atmosphères à la fois très sombres et difficiles. Et tout autant ce côté intimiste qu’on a lors de ces conditions météo avec la nature, soit personne, le néant et toi.

Quelles sont tes armes lorsque tu pars en sortie photo ?
Ancien « canoniste » et maintenant « fujiste », j’ai donc un Fujifilm X-T1 accompagné d’un 50-140mm monté sur trépied Mefoto globetrotter.

De tes objectifs, lequel est pour toi indispensable ?
Une question perplexe pour moi, car comme vu sur la question précédente je n’ai qu’un objectif. En fait je n’ai pas d’objectif particulier même si je dirais qu’un téléobjectif est pour moi le plus indispensable.

J’ai pour ainsi dire, vendu tous mes précédents objectifs (90mm, 14mm) pour me concentrer sur uniquement de la photo au téléobjectif. Cela me permet d’aiguiser mon œil, de travailler une vision très précise, sans m’éparpiller entre plan avec Ultra Grand Angle et plan éloignée. Mais un UGA rejoindra de nouveau mon sac prochainement car cela manque par moment malgré la contrainte que je me donne.

Étant souvent en pleine nature dans des conditions difficiles pour toi, mais aussi pour ton matos, as-tu des astuces particulières pour protéger au mieux celui-ci ?
Heu, alors comment dire, je ne serais pas un exemple à suivre pour ce genre de chose. A part être rangé dans un sac à dos à compartiment spécifique au matos photo, il n’est aucunement protégé. Même par -25°C dans une tempête de neige, tout est dehors à subir (comme mes mains).

Cela n’est pas très malin, je le sais bien, mais par gain de matériel (poids et place) je fais au plus simple et je m’adapte en fonction, soit il neige alors je protège ma lentille avant de shooter, il pleut alors je me place au-dessus pour protéger un tant soit peu le boitier…

Mais ça s’arrête là. Mon matos a pris des vagues de 2m plein fouet, la neige pendant des heures, la pluie et j’en passe, mais rien, aucun problème avec ni détérioration.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à ceux qui veulent se lancer dans ce type d’exercice ? Quelles sont les choses à ne surtout pas oublier avant de partir en expédition ?
La première chose : je dirais donner un tracé du lieu de randonnée, éventuellement si vous bougez, alors donner des heures approximatives de chaque spot sur lequel vous serez.

Ensuite, bien préparer son lieu, le visualiser, prendre en compte la saison (pour la neige) et ensuite surveiller la météo jusqu’à la dernière minute avant le départ.

Pour finir, ne pas oublier que la montagne en hiver ou par météo très brutale est dure à subir, que ce soit physiquement et mentalement. On ne voit souvent rien, le vent peut nous empêcher d’avancer, la neige nous retenir et nous alourdir au sol… C’est le prix à payer pour arriver à sortir des photos originales et extrêmes.

As-tu connu un « fail » mémorable depuis tes débuts en photo ?
Yes, j’en ai un… C’était lors d’une escapade dans des gorges, et bien entendu comme d’habitude je ne reste pas sur les sentiers « publics ».

Donc je commence à escalader une paroi pour atteindre un point de vue plus haut qui me paraissait intéressant, sauf que juste avant j’avais shooté avec un 18mm que j’ai enlevé et replacé vite fait dans une poche mais je ne l’ai pas fermée…

Ça n’a pas loupé, 3m plus haut en inclinant mon buste pour atteindre une prise l’objectif glisse de la poche pour tomber en bas, sauf que c’était un bassin…

Donc objectif au fond je saute vite le récupérer, le sors, l’essuie et le met dans une poche remplie de silicate pour absorber l’eau… Arrivé à la maison, direct je le mets dans un bol de riz et le laisse 2 jours, puis miracle il remarche !

Depuis je vérifie à deux fois mes poches. 🙂

Le post-traitement prend-il une place importante dans ton travail pour sublimer encore un peu plus tes photos ? Quel(s) logiciel(s) utilise-tu ?
Je dirais oui et non.

Disons que oui car je travaille et peaufine énormément mes développements pour que ça me plaise vraiment et me corresponde au mieux. Et je dirais non car au final je ne travaille que les « basiques » sur Lightroom uniquement.

Si tu ne devais retenir qu’une chose de tes nombreuses sorties (paysage, rencontre animale…), laquelle serait-elle ?
La solitude. C’est une drogue avec le froid, quelque chose dont j’ai vraiment besoin pour un avoir un équilibre mental parfait.

L’intimité. Je peux passer des heures même dans des conditions tempétueuses à regarder un animal à proximité.

J’te laisse le mot de la fin pour nous parler de tes projets et de ton actualité.
J’ai la chance d’avoir une femme qui me soutient dans tous mes projets photographiques et me laisse pratiquer ma passion comme je le souhaite. Après donc un an à parcourir les Pyrénées, à trouver mon univers, travailler mon regard, je vais maintenant commencer à aller shooter à l’extérieur de la France.

Un premier trip en Écosse est déjà bouclé pour début octobre, une semaine en tente dans les Highlands pour une immersion parfaite sur des spots que j’ai cherchés et sélectionnés sur un seul critère : Ce qui ne se fait pas ou peu par la plupart des photographes.

Un deuxième est en préparation en solo cette fois, un trip arctique sur des terres glaciales pour aller retrouver un animal que j’adore : le Muskox.

Et un 3ème sur un site arctique (toujours) peu fréquenté mais d’une beauté splendide, je n’en parlerais pas trop pour le moment car pour le moment je vois très peu de monde (photographes) y aller donc j’aspire à ce que ça le reste pour le moment.

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2 Replies to “Kevin MEYNIER”

  1. J’adore son style de photos ! Ces paysages sombres et un peu effrayants c’est top, du bon boulot 🙂

  2. Merci beaucoup Julia

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