Jonathan Alexandre GUILLOT

J’ai 32 ans et je suis originaire d’Annecy. Je vis aujourd’hui dans le canton de Genève depuis 10 ans.

Peux-tu nous décrire rapidement ton parcours jusqu’au photographe nature que tu es devenu aujourd’hui ?
Amoureux des animaux depuis tout petit, la photographie nature est une passion qui m’est venue assez naturellement.

Dès l’arrivée des petits appareils compact bon marché, je me suis acheté un Cybershot et j’ai commencé à prendre des milliers de photos de tout et de rien.

Je me suis progressivement concentré sur la photographie nature (faune, flore, paysage). Aujourd’hui, c’est devenu une passion dévorante, un besoin, voire une obsession.

Comment qualifierais-tu ton travail en quelques mots ? As-tu eu des influences particulières ?
Par mes images j’essaye de partager la beauté pure, la douceur, la féerie de la nature qui nous entoure. En figeant ma façon de voir les choses, j’espère transmettre, stimuler l’envie de contempler, d’admirer et de respecter la Nature.

La vie comme la photographie est une question d’angle de vue, de composition, mais je crois que nous nous retrouvons tous dans la simple beauté des choses.

En ce qui concerne mes inspirations, j’admire énormément le travail de Andrew Beck, Brian Skerry, ou encore Vincent Munier.
Je suis aussi très impressionné par le travail acharné de certains photographes qui par leur travail contribuent directement à la protection d’espèces particulièrement en danger. Je pense notamment à Laurent Geslin et son travail sur le Lynx dans le Jura.

Loisir ou source de revenu pour toi la photo ?
Un loisir et une source de revenus. Je vends des tirages en édition limité et j’organise des workshops pour que d’autres amoureux de la nature puissent vivre des expériences mémorables et faire progresser leur photographie. 

Toutes les infos sont sur mon site www.jonathanalexandreguillot.com.

Avec quel(s) matériel(s) photo shootes-tu ?
Boîtier : Canon EOS 7D Mark II. Et pour les objectifs :  Canon EF 100-400mm f/4.5-5.6L IS II USM, Canon EF 24-70mm f/4L IS USM et Canon EF 100mm f/2.8L IS USM.

Dans tous tes objectifs, lequel t’es indispensable et pourquoi ?
Sans aucun doute mon 100-400 pour sa longueur de focale et sa versatilité. C’est je pense l’un des meilleurs objectifs disponibles pour la photographie nature.

Des outils favoris pour le post-traitement ?
Je travaille uniquement avec Lightroom. Je m’efforce de capturer sur le moment l’image la plus proche possible de ce que j’ai en tête.

Donc mon post-traitement reste très très simple, les retouches sont basiques. Je ne change jamais le contenu de la photo.

Spécialiste et amoureux de la photo nature, tu vas au delà de la simple démarche photographique. Peux-tu nous parler du côté éthique de la pratique de la photo nature qui te tient particulièrement à cœur ?
Justement, mon éthique est double. Sur le terrain d’abord, en post-traitement ensuite.

Ma règle absolue : l’animal est plus important que la photo. Je ne modifie jamais le comportement des animaux pour le simple but de prendre une photo. Je n’utilise donc jamais d’appâts, d’enregistrements sonores ou d’installations pour les faire venir à moi.

Ces « astuces » traduisent encore une fois l’envie de l’homme de contrôler une nature sauvage au lieu de se contenter de la contempler en tant que simple observateur. Plus important, elles mettent souvent en danger l’animal photographié. 

Je regrette d’ailleurs que ces pratiques soient si largement répandues, et même cautionnées par la plupart des concours photo. Mais je reste optimiste et je suis convaincu que les choses vont évoluer. 

Beaucoup de principes de terrain viennent s’ajouter à ces règles de base : marcher doucement, faire le moins de bruit possible, reculer au moindre signe de dérangement voire de stress, ne pas utiliser le flash, etc…

En post-traitement, comme je le disais je ne change jamais le contenu de la photo en enlevant une branche, en rajoutant un ciel dramatique, etc… Chaque photo retranscrit exactement le moment que j’ai vécu.

Je vois cela comme une pratique éthique dans le sens où le public n’est pas trompé par ce qu’il voit. Même si je peux apprécier le travail de certains photographes qui vont beaucoup plus loin dans le post-traitement, le public en est malheureusement très rarement informé.

Quels sont, selon toi, les qualités que doit avoir un bon photographe nature ?
Evidemment la patience (tous les photographes nature le disent, à juste titre!), mais aussi la persévérance, le sens de l’observation, la curiosité ou encore l’enthousiasme.

Y’a-t-il un animal que tu rêves de « shooter » ? Pourquoi ?
J’aimerais voir tous les animaux sur terre! Plus qu’un animal en particulier, je suis fasciné par certains écosystèmes où la faune est incroyablement riche et la nature encore relativement intacte: la Géorgie du Sud, l’Alaska, le Delta de l’Okavango, la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

La liste de mes rêves est TRÈS longue! 🙂

Depuis tes débuts, quelle a été la rencontre animal qui t’a le plus marquée ?
Il y en a beaucoup, des plus simples et locales aux plus rares et exotiques. La première fois que j’ai pu capturer la parade des Tétras Lyre dans le respect total des animaux et de leur habitat m’a profondément marqué.

Ce sont des moments si magiques que j’emmène une personne avec moi cette année dans le cadre de mon Workshop dédié à la faune des Alpes.

Comment procèdes-tu lorsque tu pars en sortie photo ?
Soit je pars simplement en promenade avec mon matériel et je me laisse guider par ce qui s’offre à moi, soit je fais un affût avec un objectif très particulier.

Les deux pratiques sont très différentes mais m’apportent tout autant de bonheurs simples.

As-tu 2/3 astuces pour réussir à capter au mieux un animal dans son environnement ? Quelles sont les choses à éviter ?
A nouveau, il faut éviter le dérangement des animaux autant que possible.Pour le respect de l’animal d’abord, mais aussi pour pouvoir capturer des comportements naturels. Il faut donc souvent se rendre invisible, mais pas systématiquement.

Je pense que l’on peut aussi parvenir à interagir avec un animal sauvage sans le mettre en danger. Cela n’est évidemment pas possible avec toutes les espèces mais quand j’y parviens, le bonheur est immense! 

Par exemple, j’ai récemment passé une journée entière dans les montagnes valaisannes avec un groupe de 11 mâles bouquetins. L’approche a duré des heures, et je suis finalement resté assis à une dizaine de mètres d’eux jusqu’au soir. Une expérience mémorable.

Capter un animal sauvage c’est souvent savoir faire preuve de (beaucoup) de patience… Que nous confierait ton appareil sur ces longs moments d’attente ?
C’est pour moi une méditation. Je suis un grand contemplatif, donc rester des heures sans bouger en attendant qu’un animal se présente devant l’appareil ne me pose aucun problème. J’adore vraiment ça!

Que j’arrive à capturer l’animal recherché ou non, pour moi il se passe toujours quelque chose. Chaque sortie est l’occasion de développer mes sens et mes connaissances.

J’te laisse conclure pour nous parler de tes projets à venir.
Je travaille depuis 2 ans sur 2 projets photo qui me tiennent vraiment à cœur. Le premier est sur les oiseaux du Lac Léman.

Le deuxième sur les animaux de la Seymaz, une petite rivière de seulement 15km de long qui passe devant chez moi et qui regorge de merveilles naturelles.

C’était un grand plaisir d’échanger avec toi Romain, merci beaucoup et longue vie à Dust On My Lens!

 

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