Gaël TRIJASSON

Je m’appelle Gaël Trijasson, j’ai 44 ans (aïe ça fait mal de l’écrire) je suis né et habite en Auvergne dans le Puy de Dôme au milieu des volcans. Je suis agent territorial au Conseil Département du Puy de Dôme, ce qui me laisse pas mal de temps pour m’adonner à ma passion…

Parle-nous de ton parcours jusqu’au « Gaelphoto » d’aujourd’hui.
La photo est une passion tardive puisque je la pratique depuis fin 2011.
Début de 2012 j’ai investi un club photo de ma région, très vite j’ai atteint les limites qu’un tel environnement pouvait m’apporter. Je suis plutôt autodidacte et ai soif d’apprendre.

Pour progresser je me suis beaucoup documenté sur les différentes techniques de photo, j’ai aussi regardé ce qui fonctionnait en peinture, cinéma, comics, informatique… J’ai essayé de me nourrir des différents médias ayant rapport à l’image.

Comme tous les débutants j’ai commencé à reproduire le travail des autres et petit à petit j’ai développé ma sensibilité, mon œil mon propre « style ». 2013 a était l’année qui a tout déclenché (jeu de mot ^^). Début de cette année j’ai été contacté par le Magazine Ulisse de la compagnie Italienne Alitalia. Ils m’ont sollicité pour une dizaine de photos, que j’avais faites lors d’un voyage au Sri Lanka en 2012, qu’ils avaient vues sur les réseaux sociaux.

En septembre pour mon premier salon de la photo à Paris, je tombe sur une photo de Patrice Mestari au stand Canon. WOW ! Coup de foudre… Quand je serai grand je ferai des photos comme ça, en attentant celle-ci je la veux !!!

Je suis donc rentré en contact avec Patrice, quelques semaines plus tard, il me donne rendez vous en Auvergne pour me remettre son œuvre en main propre. On a tout de suite accroché et avons décidé de se faire un petit road trip en Aubrac. La nuit du bivouac, j’ai shooté sa toile de tente sous la voie lactée… Cette photo à relativement bien marché sur les réseaux et m’a permis de mieux me faire connaître.

En Octobre 2013 au détour d’une sortie entre plusieurs photographes de la région une idée nait … Nous décidons de fonder un collectif de photographes Auvergnat nommé Rawvergnat. (Ce mot est la contraction de deux mots : RAW et Auvergnat). Le collectif m’a permis d’exposer mon travail avec plus de facilité et de rapidité qu’en étant seul dans mon coin.

En 2014, Christelle Debarnot, qui s’occupait des Rencontres Photo Nature de Gueugnon, m’a demandé si je voulais bien exposer et intervenir pour une conférence sur la photo de nuit. J’ai répondu favorablement bien que ne sachant pas trop ou je mettais les pieds. Ce fut une formidable expérience qui m’a donné envie de rééditer les expositions.

Jusqu’à l’année dernière j’ai continué mon petit bonhomme de chemin, expositions, publications, concours… tant avec le collectif qu’au niveau personnel. Toujours dans la même optique : c’est une passion, je fait ça pour le fun !

2017 marque un changement dans ma façon d’appréhender la photo. Après quelques soucis perso fin 2016 j’envisage les choses différemment… J’avoue être un peu (beaucoup) chauvin ! Je vais me recentrer sur mon amour de ma région, essayer, à mon humble niveau, de la valoriser. Ce qui est cool c’est que je suis pas mal sollicité par des institutions ou des professionnels dans ce sens en ce moment, ce qui tombe plutôt bien !

As-tu eu ou as-tu encore des influences particulières dans ton travail ?
OUI, depuis que je fais de la photo, je regarde les choses d’un autre œil… Du coup tout ce qui m’entoure devient une source d’inspiration.

Au delà de ça, le travail des copains continue de me nourrir ; David Bouscarle, Alban Henderyckx, Allan L’héritier, Florent Criquet, Clément Coudeyre, Philippe Aboulin pour le paysage. Nathalie Latic & Frank Ryckewaert pour leurs photos de voyages, Arnaud Nédaud pour sa polyvalence. La liste et longue je ne peux pas tous les nommer !

Et puis il y a aussi « mes maitres Jedi » comme Beboy, Patrice Mestari, Xavier Jamonet, Fabien Dal Vecchio, Nicolas Orillard-Demaire, Alexandre Deschaumes, Michael Shainblum, Daniel Kordan, Manuel Dietrich, Ryan Dyar, Ted Gore, Max Rive, Alex Noriega, Felix Inden, Paul Zizka, Lars Van de Goor, Simon Roppel… Dont les images continuent de me fasciner.

Pour toi aujourd’hui la photo, loisir ou source de revenu ?
En fait « malgré moi » c’est devenu les deux… Bien que la photo, pour moi, soit une passion et du fun avant tout, j’ai du acquérir un statut d’auteur-photographe en 2013 pour pouvoir vendre des photos à des institutions qui ont sollicité certaines de mes images. Depuis les ventes se sont enchainées, que ce soit des tirages d’art ou des sessions de droit.

C’est plutôt une bonne chose, car même si je n’ai jamais pratiqué la photo pour vendre, cela reste une belle forme de reconnaissance pour mon « travail ».

Avec quels matériels shootes-tu ?
Aujourd’hui je suis équipé Canon (5D Mark III) mais il n’en a pas toujours été ainsi. J’ai commencé avec du Nikon (D5100, D7000, D600). En fait pour moi le matériel est juste un outil qui me permet de me simplifier la vie au maximum. Aujourd’hui le 5D Mark III rempli à merveille ce rôle d’assistant technique.

Accompagné de 4 objectifs : Le Canon EF USM 16-35 mm f/2.8 série L II, le Canon EF 135 mm f/2 L USM, le  Canon EF 50 mm f/1.4 USM et l’objectif grand angle Samyang 14 mm – f/2.8 IF ED UMC (que j’utilise principalement pour la photo de nuit).

J’utilise aussi beaucoup de filtres Lee (ND 0,6 ; ND 0,9 ; Big Stopper et le polarisant slim circulaire 105mm). Question trépied j’ai de la chance d’avoir une petite Rolls un Gitzo carbone (GT2540) sur lequel j’ai monté une tête Benro (la V2E) Tout ce petit monde trouve sa place dans un sac MindShift (le Rotation 180° panorama) un sac très polyvalent (photo/rando).

Quels sont tes outils pour le post-traitement ?
Je trie et gère mes Raw à l’aide d’Adobe Bridge CC, les développe avec Camera Raw (70% de la photo finale) et fais mes retouches avec Photoshop CC. Pour les retouches j’utilise une tablette graphique, la Wacom Intuos 5, je viens du dessin et me sens beaucoup plus à l’aise avec un stylet qu’une souris.

Tu a fait de la photo de paysage/nature, une de tes spécialités. Pourquoi t’être orienté vers cet exercice ?
La réponse est simple (mode chauvin ON ^^) j’habite dans la plus belle région de France !!!

En Auvergne on peut trouver des paysages comparables à ceux de l’Islande, l’Ecosse, la Toscane, la Patagonie… Tu passes de la plaine à la haute montagne en moins de deux heures, il y a des lacs, des cascades, des rivières partout, et puis les volcans qui nous entourent sont un formidable terrain de jeu.  Certains te font te retrouver sur d’autres planètes…

J’ai eu la chance de pas mal voyager à travers le monde… Aujourd’hui je sais que ce n’est pas forcement la peine de faire énormément de kilomètres pour partir très loin quand tu habites une telle région ! Et puis j’avoue ne pas être vraiment à l’aise avec les « humains », j’ai toujours eu l’impression d’appartenir à une autre espèce… Dans la nature je me retrouve, me ressource, loin du « brouhaha » et de la folie de cette vie. Plus qu’un choix c’est besoin vital pour moi.

Chaque photographe a ses rituels avant une sortie, comment prépares-tu les tiennes ?
Je déclenche mes sorties suivant la météo, mais surtout par rapport à mes envies du moment. Je suis très freestyle, je fais rarement de repérage. Je pars shooter souvent sur un coup de tête ou bien parce que mon pote Philippe Aboulin me propose de l’accompagner.

Une fois sur place, je m’imprègne du lieu, me laisse porter par mon environnement, les ambiances du moment. J’écoute la nature, observe la lumière. Mais c’est surtout mon mood du moment qui va définir ce que je fais faire comme cliché.

Depuis tes débuts, quel a été ton plus gros « fail » ?
Ha ha, il y en a eu… Mais l’oscar va tout de même à ma session de droit à titre gracieux à la compagnie aérienne Italienne Alitalia évoqué plus haut. Je leur ai cédé une dizaine de photos juste parce que la commerciale à su flatter mon ego (l’Ego le pire ennemie du photographe !!!).

Le magazine a été distribué sur tous les vols longs courriers de la compagnie pendant deux mois pour vendre leurs voyages clé en main au Sri Lanka… Je leur ai fait un beau cadeau…

Quelles sont les erreurs que tu faisais à tes début et qui ont été gommées avec l’expérience ?
Auparavant lorsque j’arrivais sur un spot je mitraillais comme un « Japonais », courrais partout ne prenais pas le temps de m’imprégner de l’environnement. J’avais beaucoup beaucoup de déchets. Et les quelques images potables étaient largement perfectibles.

Aujourd’hui sur un spot je prends le temps, observe, cherche le petit truc qui peut faire d’une belle photo une fukin’ photo. Lorsque j’ai trouvé une bonne prise de vue, je peaufine le cadrage au maximum. Ensuite j’attends, j’attends le bon moment, la bonne lumière, la bonne ambiance.

Sur une sortie je retiens une dizaine de photo d’un spot pas plus, mais sur les dix je sais que la matière pour au moins une photo.

Des nombreuses très belles choses que tu as eu la chance de voir, laquelle t’a le plus marquée ?
Pour l’instant, les mers de nuages au sunset. Ce sont des moments rares qui se méritent (il faut se lever tôt, grimper suffisamment haut pour pouvoir en jouir) mais quel spectacle !!!

Quel kiffe à chaque fois je retrouve mon âme d’enfant. Je suis comme un gosse le 25 décembre !
Seule la nature sait offrir de tel spectacle.

Le seul qui te suit dans tes aventures (et parfois te subit?) est ton appareil. Que nous confierait-il sur toi si on lui donnait la parole ?
« – Ce mec est perché ! ».

Je te laisse le mot de la fin (pour nous dire 2 mots sur les projets et ambitions pour 2017.
Pour moi la photo est une manière simple pour arrêter de vivre l’instant présent. C’est un anti «carpe-diem» en somme. Notre environnement nous offre quotidiennement de quoi s’émerveiller, il suffit juste de s’avoir où et quand regarder ! Mais le regarder à travers son propre prisme.

Quand je shoote, je ne suis pas à la recherche d’une réalité objective, ce que je vise à exprimer c’est une vision très personnelle de création, avec l’appareil photo et la chambre noire numérique comme outils. J’aime dire que je ne photographie pas ce que je vois, mais ce que je ressens.

Afin de renforcer les émotions j’accompagne toujours mes clichés avec une bande son que je choisis dans ma bibliothèque musicale. Afin que chaque spectateur de mes images rentre dans mon univers avec un peu de lui, ses émotions, sa propre histoire…

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2 Replies to “Gaël TRIJASSON”

  1. Un superbe travail qui reflète bien la sensibilité du photographe et son talent Bravo

  2. Superbe travail qui reflète bien la sensibilité et le talent du photographe bravo !

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