Elise JULLIARD

Née à Lyon, j’ai grandi à moitié entre la ville et la vallée de la Maurienne, au cœur des Alpes. Après deux années d’études en photographie à Toulouse, je suis retournée dans ma ville de cœur pour y vivre et y travailler en tant que photographe professionnelle. Aujourd’hui à 23 ans, j’alterne entre vie citadine et vie en pleine nature.

Peux-tu nous parler un peu de ton parcours ? De quand date ta rencontre avec la photo ?
Ma toute première rencontre ? Très certainement à mon insu. Dès l’enfance, mon père savoyard et donc montagnard me montrait régulièrement ses photos de ses expéditions en montagne. Ski de randonnée, cascade de glace, randonnées sur glacier, voyages …

J’ai toujours vu mon père faire des photos pour les souvenirs. Petite, j’utilisais souvent des appareils photo jetables. Puis plus tard le numérique arrive.

En Juin 2008, je décide d’acheter mon premier reflex. Mon objectif ? Travailler qu’avec les modes manuels.  Mes quatre premières années en autodidacte m’ont permis de découvrir la photographie et de rechercher mes inspirations personnelles. Il en sera ressorti deux domaines de prédilection : la photographie de nature (paysage de montagne, et photographie animalière) ainsi que le portrait.

En 2012, j’entame une formation de BTS Photographie à l’ETPA de Toulouse dans le but de faire de ma passion, mon métier.

Tu as aujourd’hui la chance de vivre de ton métier mais quel a été l’élément déclencheur qui t’a fait prendre conscience que cela était possible ?
Vivre, c’est un bien grand mot ! Je me lance dans cet univers, mais c’est très encourageant donc je ne baisse pas les bras.

J’ai commencé la photo très jeune, mais peut être au bon moment, puisque c’était avant ma rentrée en 3e (au collège). Là où on vous demande déjà de faire votre “orientation” … Je me suis renseignée, et je me suis dit « pourquoi pas ».

Mis à part mes parents qui ne m’ont jamais découragé dans ce choix, j’ai reçu de nombreuses remarques : “tu n’y arriveras jamais”, “vivre de la photographie c’est très dur maintenant”, “tu ne gagneras pas tellement d’argent” “le milieu de la photographie c’est assez masculin quand même”.

Au final, ces remarques qui font baisser les bras à plus d’un, m’ont poussé à prouver aux gens que quand on veut, on peut ! Il faut juste avoir conscience des difficultés pour les surmonter.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à ceux qui aspirent à devenir photographe pro ?
Je ne peux que les encourager ! A vivre leurs rêves, à vivre leur vie.Certes c’est un parcours difficile, il faut parfois compléter financièrement ailleurs (surtout au début je pense, c’est mon cas), mais c’est un réel bonheur. Je photographie le bonheur des gens, je photographie des instants de vie.

N’hésitez pas à rencontrer d’autres photographe pro ! J’ai la chance d’avoir fait de belles rencontres avec des photographes qui sont aujourd’hui mes amis. Ensemble, on est plus fort, et ensemble on s’aide. Même si on est “concurrent”, on peut se donner mutuellement du travail.

Si tu devais parler de ta « patte », comment la qualifierais-tu ?
Euh … Je ne sais trop répondre, surement comme beaucoup de photographes ?

Je travaille beaucoup à l’instinct et au ressenti. Que ce soit en prise de vue ou en post-prod. Après je peux juste dire que je fais rarement du noir et blanc. Si ce n’est jamais pour mes photos de nature. J’aime beaucoup travailler les couleurs, j’y suis plus sensible.

Quel est ton matériel photo ?
Je travaille avec un Canon 5D mark III, un 16-35 f/2.8, un 100-400, un 50 mm f/1.4, prochainement un 135 f/2 et un Sigma 105 macro.

Ça fait beaucoup de matériel mais c’est aussi pour répondre aux besoins de mes prestations pro. Ensuite il y a les accessoires : filtres, trépied, télécommande…

Si tu ne devais garder qu’un seul objectif, lequel aurait tes faveurs et pourquoi ?
Oh lala c’est difficile. Si je me concentre que sur mon travail personnel, je dirai mon 100-400. Je fais autant de photos de paysage au télé qu’au grand angle …

Si je le choisis ce n’est pas franchement pour sa qualité mais c’est plus pour sa polyvalence. Ceci dit, j’aime aussi beaucoup travailler avec mon 16-35 …

Tu es spécialiste, entre autres, des photos de paysages. Qu’affectionnes-tu particulièrement dans cet exercice ?
Je dirais le côté imprévisible des éléments. C’est ce qui m’inspire le plus quand je suis sur le terrain. Le ciel bleu m’ennuie, je suis d’ailleurs très souvent sous la pluie.

Mais pour autant, il y a toujours une part de hasard, un rayon de soleil qui s’invite, un nuage qui donne un caractère au paysage. Je pense que c’est un mélange de plusieurs choses.

J’aime ressentir quelque chose sur l’instant. Cette chose qui pousse à s’émerveiller, à s’évader et à vouloir déclencher.

Animaux ou paysages, tu as dû voir beaucoup de belles choses depuis tes débuts mais si tu ne devais retenir qu’une « rencontre », quelle serait-elle ?
Ce n’est pas un instant photo mais une rencontre éphémère avec un cerf. Enfin ça semblait plutôt être un mirage. Je partais à la recherche de chamois très tôt le matin en Maurienne. J’en repère un au loin avec les jumelles.

Je m’en approche, petit à petit, toujours en le gardant en vue. J’avance encore, puis je regarde à nouveau dans les jumelles. Je le cherche mais tombe sur un autre animal. J’essaye de le voir à l’œil nu mais je ne vois rien… Ça avait des longues cornes, donc pas un chamois.

Mais ce n’était pas non plus les cornes d’un bouquetin. J’essaye de le retrouver avec les jumelles mais je ne vois plus rien. Je continue à avancer et quelques mètres plus loin, je croise des biches.

J’en ai conclu que j’avais vu un cerf au travers des jumelles, ma première rencontre… Je ne l’ai malheureusement pas revu. C’était si mystérieux que cet instant me fait encore rêver.

Quel a été ton plus gros « fail » depuis tes débuts ?
Se perdre sur une sortie rando avec des amis. J’organisais une randonnée sur deux jours avec nuit en refuge. Je connaissais bien le terrain l’été. Mais sauf que, voilà, l’hiver, et bah on a plus de repère (erreur de débutant)…

Après 2h de marche, je ne trouve plus le chemin. Soit on faisait demi-tour pour en prendre un autre, soit on y allait au pifomètre. Bon on a réussi à trouver le refuge, mais c’était long, très long …

Je crois que mes amis s’en souviendront !

As-tu 2/3 astuces pour sublimer un paysage et arriver à transmettre l’atmosphère du lieu ?
• Règle numéro 1 : faire de la pluie son amie.
• Règle numéro 2 : faites-vous rêver avant tout.

Ne pas hésiter à partir quel que soit la météo. Et même s’il pleut depuis des heures, vous pouvez avoir de bonnes surprises ! Personnellement je suis plus créative lorsque les conditions sont difficiles. Peut-être que ça doit forger le mental ou je ne sais trop. Du coup j’ai peut-être plus de choses à exprimer dans les photos.

Dernier points, je conseille de tester plusieurs points de vue et de ne pas forcément suivre là où vont les copains qui sont avec vous ;). Laissez-vous guider par vos inspirations, par ce que vous ressentez.

Quelle place occupe le post-traitement dans ton travail ? Avec quel(s) logiciel(s) travailles-tu ?
C’est une étape importante. Je passe pas mal de temps dessus pour la simple et bonne raison que je teste beaucoup de choses différentes. Je ne traite pas une photo de paysage de la même manière.

Je commence le travail sur Lightroom, je fais le plus gros et je finalise ensuite avec Photoshop. J’ai aussi besoin de temps pour approuver ce que je fais.

En général, je regarde à nouveau la photo quelques jours plus tard, pour être sûr que ça me plaise.

Avant de conclure, si on laissait la parole à ton appareil. Que nous confierait-il sur toi ?
Je pense qu’il doit en avoir marre d’être traîné sous la pluie, sous la neige et de manger du sable. Mais bon il va pas se plaindre il a vécu pas mal de choses !

Sinon je pense qu’il doit bien se marrer et se foutre de ma gueule car je tombe très souvent par terre … (petite confidence …).

Je te laisse le mot de la fin pour nous parler de ton actualité et de tes projets à venir.
Fin 2016, j’annonçais que l’année 2017 serait une année de changement.

Elle a commencé très rapidement par une exposition consacrée à mes paysages de montagne (visible jusqu’au 31 Mars sur Lyon).

L’activité professionnelle a bien démarré, j’ai travaillé sur des événements très intéressants en montagne et j’ai également travaillé avec mon premier client international (un magazine new yorkais pour un article sur Lyon). La suite de l’année s’annonce tout aussi prometteuse avec déjà plusieurs mariages de prévu pour la saison 2017 !

Quatre amis photographes et moi-même avons monté cette année le collectif A contrejour (–> https://www.facebook.com/workshops.photographiques/). Nous organisons fin Avril notre premier workshop à 5 photographes. Il y aura des ateliers différents : paysage avec moi-même, portrait, freelensing … Ça se passe sur Lyon mais on emmènera nos “workshopper” dans un chouette endroit en montagne accessible à tous. Le programme sera bientôt disponible !

J’exposerai également ma série Lueurs Alpines au Festival nature à Hauteville Lompnes dans l’Ain du 12 au 14 Mai. Pour les autres festivals, je ne sais pas encore mais je croise fort les doigts !

Du côté des expéditions, je pars mi-mars pour un roadtrip photo en Espagne. Ça sera en totale débrouille !
La montagne sera toujours au rendez-vous ! Je pense même y aller encore plus souvent que l’année précédente.

Et enfin pour terminer, un long voyage d’un mois ou deux est en préparation pour la Nouvelle Zélande. Ça sera très certainement pour 2018 si tout se passe bien.

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One Reply to “Elise JULLIARD”

  1. Merci de nous faire découvrir cette artiste, je ne connaissais pas et j’aime beaucoup !
    Ses images ont quelque chose d’onirique !

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