Damien GUIOT

J’ai 28ans, je suis né et habite dans les Vosges. Je travaille à Plainfaing, comme confiseur à la Confiserie Des Hautes Vosges, métier qui n’a rien à voir avec ma formation scolaire puisque j’ai fait des études en Gestion Forestière. Je partage mon temps libre entre pratique sportive et photographie.

Peux-tu nous parler de ta rencontre avec la photographie ?
Je suis venu à la photographie par le biais du sport (VTT). J’ai acheté mon premier appareil photo, un Nikon D40, pour immortalisé nos « exploits » en vélo avec les copains.

Et depuis je me suis pris au jeu avec l’envie de toujours faire de nouvelles images, de faire mieux à chaque fois, pour avoir un résultat de qualité.

Si tu devais parler de ta patte, comment la qualifierais-tu ?
Je ne pense pas avoir de patte spécifique ou alors je ne l’ai encore pas trouvée. Je me suis formé à la photographie en autodidacte et j’expérimente encore beaucoup.

J’aime que mes images soient contrastées et j’ai une forte attirance pour les ambiances brumeuses, qui ajoutent un côté féérique aux images.

Aujourd’hui la photo pour toi, est-elle une source de revenu ?
Jusqu’à maintenant non c’était uniquement une passion mais je suis en train de faire les démarches pour avoir un statut professionnel et pouvoir éventuellement gagner un peu d’argent grâce à mes photos.

J’ai décidé de passer le pas car j’ai déjà eu quelques demandes, auxquelles je n’ai pas pu répondre, faute de statut. Mais je continuerai de faire des photos pour moi avant tout, avoir des revenus ne sera pas un objectif en soi.

Avec quel(s) matériel(s) shootes-tu ?
J’utilise un boitier Nikon D810, avec un 18-35mm, un 50mm f1.4, un 85mm f1.8, un 70-200mm f2.8 et un 300mm f4. J’ai également 3 flashs (2 cobras et une torche), avec des déclencheurs radios.

Parmi tes objectifs, lequel t’es indispensable ?
Si je devais n’en garder qu’un, ce serait le 70-200, c’est l’objectif que j’utilise le plus aujourd’hui, aussi bien en sport qu’en paysage. Cet objectif permet en sport d’être à bonne distance du sujet et de bien le détacher du fond et en paysage d’aller chercher des détails.

Des outils favoris pour le post traitement ?
C’est une étape que j’apprécie de plus en plus, c’était un peu une corvée au début, faute de maitrise. Je traite mes photos sous Lightroom et ensuite parfois sous Photoshop pour des retouches plus précises.

Sur les photos de sport, le traitement sera très rapide en général et uniquement sous Lightroom. Je vais juste régler la balance des blancs, changer les niveaux, ajouter un peu de contraste et quasiment à chaque fois baisser la saturation.

Pour le paysage par contre, je passe de plus en plus de temps en traitement, sous Lightroom et ensuite Photoshop. Mais comme je ne maitrise pas beaucoup ce dernier, je perds beaucoup de temps à expérimenter différentes choses pour avoir le rendu que je souhaite.

Tu as commencé la photo par le sport et tu t’orientes maintenant plus vers le paysage. Pourquoi avoir amorcé ce virage ?
La raison principale est que je n’ai plus beaucoup d’inspiration pour mes photos de sport, j’ai maintenant l’impression de faire tout le temps les mêmes images, de ne plus progresser. En plus, ce n’est pas toujours facile de trouver des modèles, d’avoir des jours de disponibilité en commun.

En paysage, c’est l’inverse, j’ai énormément d’idées et j’ai la chance d’habiter dans une superbe région, qui se prête bien aux paysages. J’ai toujours été un amoureux de la nature et j’ai toujours fait beaucoup de randonnée. Au début je prenais l’appareil pour faire quelques images souvenir, maintenant, j’organise mes randonnées dans un but photographique.

Dès que je suis en repos et que les conditions me paraissent intéressantes, je pars en exploration. Ça me permet également de décompresser, je n’apprécie pas la foule, j’aime me retrouver seul dans la nature, c’est apaisant. Et enfin, sur le plan technique, j’ai l’impression de progresser, j’ai appris et apprends encore beaucoup de choses en paysage.

Aussi bien sur la prise de vue que sur le post-traitement (où j’ai encore énormément à apprendre) mais aussi sur la préparation des sorties, selon la météo, la saison, les phases de la lune pour les photos de nuit.

Concernant la photo de sport, peux-tu nous parler de ta manière de shooter les scènes d’action. Comment se déroule une séance ?
Je me déplace beaucoup sur les courses de VTT de ma région. La plupart du temps je ne connais pas les parcours donc la première chose à faire est de trouver un bon spot, où le cadre est sympa et/ou je risque d’observer des attitudes intéressantes.Le but est d’avoir les meilleurs pilotes, il faut parfois aller vite pour être en place avant leur passage.

J’essaie au maximum de shooter en lumière naturelle mais s’il n’y a pas assez de lumière et que j’ai le temps, j’installe des flashs déportés.

Pour mes séances perso, c’est un peu la même démarche mais sans être pressé par le temps. Quand j’ai repéré un endroit ou que j’ai une idée, je cherche parmi mes contacts quelqu’un de dispo et c’est parti …

Comme j’ai le temps, et que souvent on se retrouve en sous-bois, je vais beaucoup plus travailler avec des flashs. Je fais presque toujours des prises avec différents angles de vue pour trouver celui qui mettra le plus en valeur l’action.

Et sur ce genre de séance j’écoute beaucoup le rider pour qu’il soit lui aussi content du résultat. D’ailleurs la plupart du temps si je fais plusieurs prises c’est parce que le rider n’est pas satisfait de son passage.

Quels conseils donnerais-tu aux novices de la photo de sport pour éviter les mauvaises surprises ?
Pour moi le plus important est de connaître le sport que l’on veut photographier. Cela permettra d’anticiper les actions, de savoir où se placer, le bon moment pour déclencher.

Au niveau technique, il faut faire attention à sa vitesse d’obturation, que celle-ci soit suffisamment élevée pour figer le mouvement. Activer le mode rafale peut être pratique pour être sûr d’avoir LE bon moment (mon boitier est plutôt lent la dessus).

Ensuite si on veut pousser plus loin, un ou plusieurs flashs déportés permettent de figer les actions en faible luminosité sans monter très haut en ISO mais leur gestion peut être assez compliquée au début.

Que ça soit pour le VTT ou les paysages, le massif des Vosges est un terrain de jeu idéal. As-tu des « spots » favoris ?
C’est vrai, j’ai beaucoup de chance d’habiter dans un tel cadre. Il y a une grande diversité de milieux, de grandes forêts de résineux, de feuillus, des tourbières, des chaumes …

C’est un massif qui est génial pour le VTT  car il y a énormément de sentiers et comme les montagnes ne sont pas très hautes (max 1400m au Grand Ballon), on peut monter quasiment partout en pédalant.

Mais je n’ai pas de préférence j’aime aller un peu partout et découvrir de nouveaux sentiers. Pour la photo par contre, mon spot favoris pour le paysage/nature, est la crête autour du Hohneck, entre les 3 Fours et les Spitzkopf, j’y vais très régulièrement et à toutes les saisons pour avoir de ambiances différentes.

Là-haut, on peut facilement observer le chamois, les forêts sont magiques, avec des Hêtre tortueux, et il y a la chaume, avec une superbe vue sur l’Alsace et les cirques glaciaires.  Mais comme pour en vélo, j’aime beaucoup explorer aussi, chercher de nouveau spots.

Lorsque tu pars en sortie, qu’emmènes-tu avec toi ? Quels sont les choses à ne pas oublier avant de partir explorer la montagne ?
J’utilise beaucoup Google Earth pour faire des repérages avant de partir sur le terrain pour les endroits que je ne connais pas. Et bien sûr j’emporte une carte ou un plan. Je prends tout mon matériel photo (sauf les flashs), rangé dans un sac Lowepro Whistler avec un trépied également.

Je mets toujours des barres de céréales, une gourde et une frontale également dans mon sac. Ensuite, très important pour moi, une bonne paire de chaussures, pour pouvoir marcher longtemps sur tous type de terrain et ce dans toutes les conditions.

Et enfin, des vêtements techniques pour être protégé de l’humidité ou du froid, tout en évacuant au mieux la transpiration.  Pour les longues randonnées je prends également une paire de bâtons de marche.

Depuis tes débuts en photo, quel a été ton plus gros « fail ?
C’est quelque chose qui m’est arrivé plusieurs fois en fait, et qui m’arrivera encore je pense. En paysage je fais souvent la mise au point manuellement et ça m’est arrivé plusieurs fois d’oublier de réactiver l’autofocus pour des photos d’actions et dans la précipitation je ne m’en suis pas rendu compte !

Je te laisse conclure en nous parlant de ton actualité ou de tes projets à venir.
Je vais continuer mon exploration du massif vosgien mais j’ai également envie d’aller voir ailleurs, d’autres montagnes, il y a déjà tellement à voir rien qu’en France.

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