Chloé BOUCHERIT

Je m’appelle Chloé, et pour faire simple je suis une Française de 23 ans originaire du Centre de la France, qui est allée s’expatrier en Angleterre, et plus précisément à Londres, depuis déjà 2 ans. Je ne tiens pas en place, et à chaque vacances (et dans mon métier d’enseignante, il y en a à foison!) je prends la route, appareil en main, et je vais découvrir le monde.

Chloé BOUCHERITQuel a été ton parcours pour arriver à la Chloé BOUCHERIT d’aujourd’hui ?
L’histoire de mes débuts est en fait assez atypique. Je n’avais même pas encore une dizaine d’années quand j’ai eu mon premier appareil. Je faisais une randonnée dans les Alpes avec ma famille et au détour d’un chemin, je suis tombée sur un vieil argentique que quelqu’un avait perdu. Je crois qu’à ce moment-là, je ne réalisais pas encore quelle place la photographie prendrait dans ma vie ensuite.

Après ça j’ai eu un compact plus que basique qui ne valait pas grand-chose, mais quand on débute, on se contente d’un rien. Et puis il y a trois ans et demi de cela, je me suis enfin décidée à investir dans un vrai boîtier. Alors évidemment avec mon budget limité d’étudiante, je n’ai pas pu m’offrir autre chose que de l’entrée de gamme, mais c’était largement nécessaire.

Et de ça s’en est suivi l’achat de deux objectifs et le reste de mon argent s’est envolé au fur et à mesure dans les voyages. Je crois que c’est ce qui m’a réellement permis de progresser. Quelqu’un a dit un jour que la vie était un livre, et que ceux qui ne voyageaient pas, lisaient seulement une page. Je crois que c’est plutôt vrai.

J’ai beaucoup appris au cours de mes voyages, sur moi, sur les autres, et sur le monde. J’ai appris à apprécier le calme et le silence, coupée de tout en Laponie, à m’émerveiller à la vue du moindre paysage en Islande, à m’élever aussi haut que les buildings Londoniens et les montagnes Norvégiennes, et aujourd’hui on ne m’arrête plus, j’ai le syndrome du voyageur. Et ce genre de chose ne se soigne qu’à coup de voyages, encore et toujours.

Comment qualifierais-tu ta « patte », ton style ? T’as des influences particulières ?
Je dirais qu’à ce jour, ma signature c’est un peu la photographie de paysages/voyages au grand angle combiné à l’exposition longue. Le calme m’inspire, être loin de la foule habituelle Londonienne est captivant et quoi de mieux que la longue exposition pour refléter ce sentiment ?

Sinon niveau influences, je suis le travail de différents photographes tels que Théo Gosselin, Arnar Kristjansson, Matthew Hahnel, Tanner Wendell Stewart et autre Jordan Voth. Ils m’inspirent un peu plus chaque jour.

Chloé BOUCHERIT | Þingvellir National Park – Islande

Loisir ou source de revenu pour toi la photo ?
Loisir uniquement, j’aimerais avoir la prétention de dire que je vis de ma passion, mais n’étant pas photographe événementielle, dans les portraits ou dans la mode, j’ai tendance à penser qu’il est un peu plus compliqué d’en vivre. Qui sait, peut-être un jour…

Niveau matériels, quel(s) est/sont tes armes (boitier(s) et objectif(s)) ?
Je n’ai pas des armes de compétition extraordinaires, mais j’ai appris au fur et à mesure que le matériel ne fait pas tout dans ce domaine et je préfère continuer à apprendre et à repousser mes limites avec ce que j’ai avant d’investir dans du plus « sérieux », alors :
• Canon 600D
• Canon 50mm F1.8
• Canon 10-22mm F3.5/4.5
• & mon fameux filtre ND1000 qui ne me quitte jamais.

S’il ne devait en  rester qu’un, quel objectif serait ton choix ? Et pourquoi ?
L’ultra grand angle 10-22 de chez Canon, sans conteste ! Je n’ai pas touché au 50mm depuis un moment, et je serais incapable de me passer de mon UGA dans la photo de paysages.

Des outil(s) favoris pour le post traitement ?
Camera Raw & Photoshop, je reste classique de ce côté-là.

Quel a été ton plus gros « fail » ?
J’ai eu un « epic fail » il y a environ deux semaines.
Je vous raconte, j’étais en Norvège, à Bergen, et cette ville est entourée par les montagnes/forêts d’un côté et la mer de l’autre. Le rêve quoi. Après être arrivée en haut de la première montagne, je sors le boîtier pour prendre un cliché de cette vue époustouflante, et là (vous le sentez venir pas vrai!?)… plus de batterie.

Alors comme je suis quelqu’un de prévisible qui possède autour de 6-7 batteries je me dis que ça va aller. Sauf qu’elles étaient toutes restées à la maison (Airbnb) à l’autre bout de la ville… Je suis parvenue à tirer quatre clichés ce jour-là en allumant/appuyant/éteignant sans pouvoir viser proprement. Mieux que rien !

Laquelle de tes photos est liée à l’histoire la plus insolite ?
Celle ci-dessous. Je ne sais pas si l’on peut qualifier cela d’insolite, mais cette photo m’aura coûté une cheville !

Je m’étais fait une mauvaise entorse après une randonnée de 5h ce jour-là, et malgré la douleur il était hors de question de laisser passer un tel coucher de soleil. Alors j’ai repéré un spot en hauteur qui m’inspirait, et j’ai commencé à monter. Trente minutes plus tard, j’étais assise sur un rocher, les pieds dans le vide, à observer le soleil se coucher entre les montagnes. J’ai fini par redescendre à cloche-pied faute de mieux, mais ça valait toutes les peines du monde.

Chloé BOUCHERIT | Snowdonia – Pays de Galle

Qu’as-tu déjà dû enlever de ta valise pour emmener ton matos photo ?
Je dirais que de ce côté-là je m’en sors plutôt bien, je n’ai jamais véritablement eu à enlever de choses, et au cours des dernières années j’ai appris à voyager de plus en plus léger ! Ça ne m’empêche néanmoins pas de jouer à Tetris à chaque fois que je prépare mon backpack.

A l’heure où tu réponds, quelle est la dernière photo en date sur ta carte SD ?
Un cliché pris en plein milieu des buildings à Canary Wharf (city financière de Londres) lors d’une de mes nombreuses promenades là-bas.

Si ton appareil photo pouvait parler, qu’est ce qu’il raconterait ?
Des centaines d’histoires à n’en plus finir. Il vous raconterait qu’il a vu des choses que vous n’avez jamais vu dans votre vie et que certains d’entre vous ne verront jamais, qu’il a vécu des aventures hors du commun, qu’il a failli y laisser sa peau (ou sa coque) plus d’une fois, mais que ça en valait la peine, et que pour rien au monde il ne voudrait abandonner ça.

Tu fais pas mal de photos avec de longues expositions de jour et de nuit, quelle est ta façon de procéder pour réussir au mieux ces clichés? As-tu des astuces ou bricolage « Homemade » pour éviter les mauvaises surprises ?
C’est très contradictoire, mais avec les longues expositions il faut savoir être patient, tout en travaillant et en s’adaptant le plus vite possible.

Je vous explique, le plus compliqué avec les longues expositions de jour comme de nuit, c’est que vous shootez la majorité du temps sans réellement savoir ce que vous shootez. L’utilisation d’un filtre à densité neutre pour une pose longue prolongée obscurcit votre vision (viseur/écran) et vous y aller un peu à l’aveugle.

Un moyen de régler ça pour ne pas rater la photo du moment c’est de faire un test rapide avant. Montez vos ISO et ouvrez la focale au maximum, réduisant ainsi votre temps de pose à seulement quelques secondes. Votre photo sera bruitée et inutilisable mais une fois votre cadrage déterminé, vous n’avez plus qu’à adapter vos réglages et attendre que la magie opère. Il est évident que vous ne disposerez parfois pas d’assez de temps pour faire un test, parce qu’il faudra déclencher ici et maintenant, sans y réfléchir (dans mon cas, pendant les photos d’aurores boréales). Et alors ? Faites-le ! Au mieux vous y gagnerez un cliché sympa, au pire, vous aurez essayé et vous avez toute une vie pour recommencer.

Chloé BOUCHERIT | Abisko – Laponie Suédoise

Un dernier petit conseil pour ceux qui voyagent beaucoup et rêvent d’immortaliser au mieux les paysages ?
Brisez les règles. Oubliez ce que vous avez appris. Laissez-vous inspirer par le moment, par le paysage.

Chaque paysage est différent, chaque réglage sera différent. Attendez 5,10,15 minutes s’il le faut. Un paysage ne s’envole pas, mais le temps pourra changer en votre faveur. J’ai parfois pris des clichés à 2 minutes d’intervalle en ayant un résultat complètement différent. Ne lâchez rien, ré-essayez. Respectez cette fichue ligne d’horizon, surtout dans la photographie de paysages. Ne chargez/remplissez pas trop vos photos, vous en affecterez la lecture de l’image. Et acceptez de ne pas réussir, ce sont des choses qui arrivent, parfois les paysages seront plus jolis avec vos propres yeux et vous n’en tirerez pas de clichés, mais vous vous créerez des souvenirs inoubliables.

J’te laisse le mot de la fin, parle nous de ton actu et des projets à venir.
Que ce soit actualité ou projets à venir, ils peuvent tous les deux êtres résumés en un mot : voyages. Le premier sera à Dublin, le temps d’une escapade à la fin de la semaine.

Puis d’ici deux semaines je m’envole pour l’Italie, et dans un mois j’irai tâter la côte nord de l’Espagne le temps d’une petite semaine. Ça c’est pour les petits projets. Les gros quant à eux inclus la côte Ouest Américaine/Canadienne (Parc du Yosemite, Colombie Britannique, Banff et de nombreuses autres destinations) d’ici l’été 2017, et la Nouvelle Zélande d’ici peut-être 2018.

J’ai déjà hâte d’aller retrouver le calme apaisant de la nature. Il ne reste donc plus qu’à croiser les doigts et espérer réaliser tout ça.

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