Arnaud NÉDAUD

Je m’appelle Arnaud Nédaud, j’ai 32 ans, originaire du Limousin, je vis actuellement en région Parisienne dans le Val d’Oise.
Je travaille dans l’aérien et je suis photographe pro et également pilote Ulm Paramoteur.

Parle nous de ton parcours dans la photo ?
Mon parcours photo a commencé dans les forêts limousines (vers Chateauponsac) où j’aimais me promener enfant avec mon frère ou mes oncles, c’était un véritable terrain de jeu où tout était possible.

Je passais quasi toutes mes vacances scolaires à arpenter les rivières de la Gartempe ou la Semme  où les décors sont vraiment magiques. L’eau était riche en poisson, la végétation luxuriante, on y trouvait des camaïeux de verts que je n’ai revus que bien des années plus tard en Écosse par exemple.

J’ai développé avec le temps une certaine addiction à me trouver en nature, juste là au bord de l’eau ou en forêt à me promener, observer, fabriquer des trucs à la manière des Castors Juniors…

En parallèle je faisais beaucoup d’esquisses, de dessins et des peintures à l’huile, je crois que ça a beaucoup joué dans ma manière d’appréhender le monde à la manière du courant impressionniste, celui où je me sens le mieux.

Et puis un jour de 2004, j’ai embarqué un Nikon Coolpix 3200 avec moi et j’ai commencé à faire des images pour avoir de quoi travailler, mais avec le temps j’ai commencé à prendre du plaisir à faire de belles images et ça ne m’a plus jamais lâché !

Tu es photographe pro depuis 2013, quel a été l’élément déclencheur qui t’a fait prendre conscience que vivre de la photo était possible ?
Je crois que c’est l’envie d’être libre d’une certaine manière, de sortir des codes des entreprises, de faire son propre planning, gérer ses rdv clientèles…bref faire ce que tu veux et à ta façon!

Et puis comme j’ai eu de la demande pour des reportages, il n’y avait plus qu’à franchir le pas !

Si tu devais décrire ton travail en quelques mots, comment le qualifierais-tu ?
Je le qualifierais de deux façons, pour les images de nature, je suis assez polyvalent, je fais du paysage, de l’animalier, un peu de macro, et des images beaucoup  plus poétiques, pensées comme des peintures avec diverses techniques.

Et depuis quelques années des images aériennes avec mon ULM Paramoteur ! Mais dans le fond je crois que mon travail est assez graphique et coloré !

Et il y une autre facette, celui des reportages !
C’est assez différent et pourtant complémentaire, je fais des mariages, des baptêmes, des séances photos diverses, couple, book photo de naissance en studio, reportages de soirées, du corporate pour entreprise…

Ce qui est amusant c’est le parallèle entre ces deux mondes, l’un où tu es libre et l’autre où tu dois avoir un résultat pour tes clients, c’est un challenge qui m’a permis de développer mon regard à travers l’appareil et d’être à l’aise avec à peu près toutes les focales au fur et à mesure des années.

Quel est ton matos photo ?
Depuis mes débuts je suis en Nikon et aujourd’hui j’utilise un D800 et un D300 avec toute une batterie d’objectifs pro, le 24-70mm 2.8, le 70-200mm 2.8, le 105mm 2.8 et pour les portraits le 50mm 1.8 et le 85mm 1.5 plus un super grand angle Sigma 10-20mm (pour monture DX) et une batterie de  filtres Lee pour les paysages.

Si tu devais garder qu’un seul objectif, lequel aurait ta préférence ?
Humm…c’est difficile mais je pense que je garderai le 70-200mm je l’utilise énormément en nature pour isoler des parties de paysages notamment en forêt !

Des outils favoris pour le post-traitement ?
Bien sûr, Camera Raw, je développe mes images à 99% avec (1% avec Photoshop), sans dénaturer l’image d’origine.

Je ne passe pas plus d’une minute par image, je préfère tout faire sur le terrain à la prise (en jouant avec les réglages via le boitier, filtres ND…), passer du temps sur le pc à travailler retravailler etc. Ce n’est pas mon truc!

Comme tout bon photographe de nature, tu dois souvent t’armer de patience pour apercevoir tes « proies ». As-tu un mode de fonctionnement particulier lorsque tu pars en sortie photo ?
En fait aujourd’hui je connais pas mal de lieux de vies de différents animaux où je suis quasi certain de les croiser, c’est le fruit d’années de terrain, d’observation et de temps passés en nature qui me permettent d’y aller sans trop me demander si je vais voir mes « proies » ou pas, je pense notamment aux oiseaux.

Je crois que tout bon photographe de nature à ses coins et ensuite selon les saisons et les périodes de reproduction ou autre il suffit d’augmenter ses chances en étant présent sur le terrain.

De quoi est composé ton sac à dos lorsque tu pars en expéditions ?
Cela dépend, si je fais de l’animalier j’embarque un gros télé et du matériel de camouflage, si je pars pour du paysage je prends les grands angles et le 70-22 mm avec mes filtres. Je fais en fonction !

Quels conseils donnerais-tu aux photographes qui veulent avoir une chance de voir la faune sauvage ? As-tu toi même quelques astuces pour augmenter tes chances de rencontres ?
La première chose à prendre en considération, c’est que l’on n’obtient pas de bonnes images sans un travail préparatoire de repérages des lieux.

Un chevreuil par exemple a ses habitudes comme tout être vivant j’ai envie de dire, il y a des endroits où il aimera venir le soir, attiré par des baies par exemple ou une source d’eau, la clé de la réussite dépend de la bonne combinaison connaissance du terrain, habitudes de l’animal, lieu de l’affut avec le bon vent et bien sûr la lumière !

Depuis tes débuts, as-tu en tête un « fail » mémorable ?
J’ai toujours eu de la chance de ce côté-là, je n’ai jamais rien cassé, oublié ou autre jusqu’à il y a peu où j’ai perdu le pare-soleil du 70-200 en plein vol en paramoteur, ça fait un choc quand tu le vois se décrocher et tomber, mais coup de chance je l’ai récupéré, un peu rayé mais en un seul morceau !

Tu fais également des photos aériennes en ULM paramoteur, ce qui donne des angles de vue incroyables. Quelles sont les principales contraintes de ce genre de photo ? Quel paysage t’as le plus marqué « vu du ciel » ?
Alors la première contrainte c’est la logistique, il y a beaucoup de matériel et faire des images devient difficile.

La première contrainte c’est de piloter l’ULM et faire des photos en même temps, une main qui tient l’appareil ne tient plus la commande et du coup ça peut être dangereux, c’est pourquoi je choisis souvent des conditions aérologiques stables qui me permettent de lâcher les commandes, en règle général je garde ma commande de gaz et mon frein gauche dans la main gauche et je shoote avec la main droite, l’appareil étant sécurisé avec sa courroie.

Le bruit et les vibrations du moteur peuvent être gênants, je te parlais du pare-soleil du 70-200 parce que au sol quand tu le monte dessus tu entends un clic et tu sens une butée, là-haut tu n’entends pas le clic et les sensations différentes à cause des vibrations du coup ce jour-là je ne l’avais pas mis comme il faut, résultat il a fait un plongeon ! 🙂

Là-haut tout est différent et souvent le « beau » apparait assez rapidement, tout est là devant toi et les années d’expériences sont profitables car tu dois parfois déclencher vite. Mon boitier est réglé tout manuel et je gère l’exposition assez rapidement en vol, à vrai dire je ne regarde plus les boutons et comme beaucoup je connais mon boitier comme ma poche, c’est plutôt sympa d’ailleurs et ça évite les problèmes d’inattention en vol !

Le paysage qui m’a le plus marqué c’est la Baie de Somme, la première fois que j’y ai volé c’était après un repérage via Google Earth, je crois que ce vol a été une hallucination constante, j’y suis allé à marée basse en fin d’après-midi et j’ai volé jusqu’au coucher du soleil.

Ce qui m’a frappé ce sont toutes les formes des veines de sables, les couleurs dans les prés salés et les trous d’eau ( qui sont des mares de hutte ), j’ai vraiment pris une claque, on se rend compte à quel point l’Homme façonne le monde et sa présence est absolument partout.

Et puis il y a ce contraste avec les bancs de sable au large de la Baie, où la nature est présente et trace avec les marées des tableaux abstraits de toute beauté.

Sur terre ou dans les airs, tu as dû faire de belles rencontres animales. Si tu ne devais en retenir qu’une, quelle serait-elle ?
Dans les airs je retiens un vol à proximité d’une colonie de Vanneaux Huppés en contrejour le soir, c’était magique (mais dangereux) !

Et au sol je crois que la rencontre que je retiens c’est avec un rongeur, le Rat Brun (Rattus Norvegicus), j’étais en affut au bord d’un étang à observer les oiseaux lorsque j’ai aperçu une famille de Rats Bruns. J’ai commencé à les photographier comme cela, et au fur et à mesure ils m’ont accepté, si bien que je venais sans tenue de camouflage, mais dès que quelqu’un approchait, boom tout le monde en planque.

C’est assez drôle et gratifiant de savoir que des animaux sauvages te font confiance. Cela fait pas loin de dix années que je suis les descendants d’une femelle que j’avais appelée « Jerry ». C’est une espèce incroyablement intelligente avec une hiérarchie et des comportements bien spécifiques et pourtant on le voit peu en photographie, c’est dommage !

Tu as également eu la chance d’être exposé dans divers festivals photo. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces opportunités et comment tu as vu tes œuvres exposées ?
Oui effectivement j’en ai fait pas mal ces dernières années et c’est toujours un plaisir de rencontrer d’autres passionnés de photo et d’échanger autour de sujets qui nous tiennent à cœur. Le fait d’être sélectionné en festival est déjà une belle récompense en soi puisque cela veut dire que ton travail plait!

Se confronter au public est un exercice assez sympa et permet de créer des contacts dans son réseau. J’ai souvent fait de belles rencontres avec d’autres photographes (depuis devenus des amis) qui m’ont permis d’aller faire des images dans de beaux endroits partout en France.

Les festivals photo permettent également de se faire connaitre et c’est un véritable  coup de pouce que je conseille à tous ceux qui veulent se développer pour les reportages ou les stages photo.

Voir mes images mises en valeur sur des beaux stands (comme les panneaux en bois) me donne une certaine fierté et me motive à continuer!

J’te laisse conclure sur les échéances à venir pour toi et tes éventuels projets.
Des projets j’en ai plein surtout en photos aériennes puisque la France est vaste et nombreuses sont les régions à m’attirer, mais il me faut du temps, donc je les parcoure une à une.

J’ai bien envie d’aller à l’étranger avec mon ULM mais c’est un projet pour le moment.

Au niveau des expositions 2017, je serai présent aux Rencontres Naturimages les 8 & 9 Avril à Tignécourt avec mon exposition  » L’Esprit de la Forêt » et au Festival de l’Oiseau avec une nouvelle exposition  » La Baie de Somme vue du Ciel  » du 14 au 17 Avril ! Et peut-être d’autres à venir, affaire à suivre ! 🙂

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1 Commentaire

  1. Merci de nous faire prendre de la hauteur, la Baie de Somme en vaut la peine 😉

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