Antonin CHARBOUILLOT

Je m’appelle Antonin Charbouillot je suis originaire de Bourgogne et j’ai 23 ans. Je suis Photographe/globe-trotteur.

Peux-tu nous dire 2 mots sur ton parcours ? Depuis combien de temps fais-tu de la photo ?
J’ai débuté la photographie il y a un peu moins de 4 ans. Alors que j’étudie en BTS Gestion et Protection de la Nature en 2013, je m’envole pour Madagascar pour 3 mois afin d’étudier les grenouilles dans une forêt tropicale.

Premier voyage et premier appareil photo. À mon retour en France, je délaisse de plus en plus les cours pour découvrir mon univers photographique.

J’obtiens mon diplôme malgré tout et stoppe les études pour me consacrer à la photographie et aux voyages.

Comment qualifierais-tu ta « patte », ton style ? Certains photographes t’ont inspiré ou t’inspirent encore ?
Ahah. Je ne pense pas avoir un style reconnaissable au milieu de tous ces bons photographes. Mon style ? La nature a une place centrale dans toutes mes séries et aventures.

Lorsque je prends une photographie, j’aime la douceur de la photo, la simplicité de l’instant et la créativité. Je dirais que mes photos de natures ont tendance à être artistiques.

Les photographes qui m’inspirent encore et toujours : Vincent Munier et Sebastiao Salgado

Quel est ton équipement photo ?
Pendant très longtemps le Pentax k-5 II avec un 300 mm f/4 et depuis peu, j’ai évolué pour le Canon 5D MARK II.

S’il ne devait en rester qu’un, quel objectif aurait tes faveurs ?
Je dirais le 70-200 mm F/4. Il est très polyvalent.

Des outils favoris pour le post-traitement ?
Photoshop CS6, mais j’y passe vraiment très peu de temps… À vrai dire, je préfère passer du temps derrière mon appareil photo.
L’inspiration et la créativité me viennent sur le terrain.

A l’heure actuelle pour toi, la photo est un loisir ou une source de revenue ?
Un peu des deux. À terme, j’aimerais pouvoir en vivre à 100 %. En attendant, je prends mon temps et je continue de me faire plaisir.

Je n’oublie pas que j’ai commencé il y a peu de temps, il ne faut pas griller les étapes.

En plus de la photo, tu es passionné de grands voyages. Qu’emmènes-tu avec toi lors de tes expéditions ? Qu’as-tu appris à ne jamais oublier avec l’expérience ?
Tout dépend de l’aventure… Je n’oublie jamais mon appareil photos et un paquet de batteries de cartes mémoires. Ensuite, ma tente, mon sac de couchage et ma bonne humeur.

Quels conseils donnerais-tu aux photographes qui s’apprêtent à aller explorer les grands espaces pour la première fois ?
Premièrement que tout est possible à qui rêve et ose. Ensuite qu’il ne faut rien prendre à la légère que la préparation est très importante…

Il ne faut pas hésiter à récolter des informations auprès de gens qui sont déjà  partis. La nature est incontrôlable et imprévisible, faire le choix de tenter l’aventure est un risque, mais quel beau risque !!!

As-tu en mémoire un fail lors de tes nombreux voyages ?
Non pas particulièrement ^^ ! Une belle frayeur avec un ours en Alaska dans une forêt assez dense, mais sinon je suis très prudent !

Tu as eu la chance de voir beaucoup d’endroits extraordinaire ces dernières années mais quel est ton plus beau souvenir et pourquoi ?
Ma rencontre avec le loup d’Alaska … Voici d’ailleurs un extrait du récit de cette rencontre :

Ce matin-là, un cri de pygargue à répétition me tire de mes pensées. Il est 6 heures du matin. Jetant un œil par la fenêtre de ma cabane, j’observe les alentours. Tout est calme. Appareil photo en main je marche sur le quai et débute quelques photos d’un grand Héron bleu qui a élu domicile dans la baie.

Soudain une forme à la surface interpelle mon regard. Dans le viseur tout est clair, c’est un faon qui nage dans ma direction. Les questions se bousculent dans ma tête.

Il s’approche jusqu’au quai au point d’ignorer ma présence et reste là, tremblant. Petit à petit, il s’affaisse dans l’eau au point de disparaître, laissant tout juste son museau dépasser pour respirer.

À ce moment, un craquement en provenance de la forêt attire mon attention. Un animal émerge des forêts humides comme une ombre. Mon sang ne fait qu’un tour… C’est enfin lui. Il hume l’air et balaye l’horizon du regard.

Il est sur les traces du faon. Devant moi, à une quinzaine de mètres se tient mon premier grand prédateur. Ça y est, il m’a vu…

Une sensation intense me traverse. Durant 2 minutes, il restera là à m’observer, sans bouger, avant de replonger dans la forêt. Etais-je le premier humain qu’il voyait ?

Une chose est sûre, je venais de passer les 2 minutes les plus intenses de ma vie.
Je repensais à ma conversation avec le pêcheur “Le loup ? Tu peux te lever tôt gamin ! Je ne l’ai aperçu que 3 fois en dix ans et de loin”.

Je me sentis vraiment privilégié et persuadé que ce genre de chose n’arrivait qu’une fois. La veille de mon départ, un mois plus tard, je fis la rencontre d’un second loup, comme un signe qui me disait de revenir sur ces terres.

As-tu une photo dont tu es particulièrement fier et pourquoi celle-ci ?
À bien y réfléchir, je dirais que la photo la plus marquante pour moi à été faites en Alaska. C’est un portrait d’une petite fille descendante direct des indiens d’Alaska.

C’était l’une de mes premières photos d’humains prise sur le vif. Cette photo dégage vraiment quelque chose, elle est un peu « hors du temps ». Elle marque aussi un changement au niveau de mon style photographique.

Je me suis beaucoup remis en question. Depuis mon travail ne concerne plus seulement la nature, mais aussi les humains et leurs relations avec la nature.

Lors de tes voyages « loin de la civilisation », tu passes beaucoup de temps en tête à tête avec ton appareil. Que nous dirait-il sur toi et tes habitudes ?
Je pense qu’il se plaindrait de ce que je lui fais subir ! Entre le froid, la boue, les nuits courtes, il n’a pas la vie facile.

J’te laisse conclure sur tes grands projets et/ou ton actualité.
Tout d’abord merci pour cette mise en avant sur ton Blog !!!
Actuellement, je reviens de Norvège où j’ai photographié le quotidien de deux Mushers (meneurs de chiens de traineau) durant 1 mois. L’un est américain, l’autre hollandaise. Ils ont tous les deux fait le choix de quitter leurs vies « normales » pour vivre dans la nature avec 40 chiens de traîneau.

Cette série sera publiée en début d’année. Et fera peut-être l’objet d’une exposition. J’ai énormément de projet pour 2017.

Hélas, je ne peux encore pas les dévoiler pour le moment. En revanche, je peux affirmer que je vais continuer de travailler activement sur la relation humain/nature à travers mes futures photographies.

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1 Commentaire

  1. Très belle interview, bravo à vous! Et les photos d’Antonin sont toujours aussi fascinantes.

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